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Accueillis depuis le lundi à l’Espace multimédia pour une résidence qui fait suite à deux autres (La Filature à Mulhouse, Théâtre du Marché aux Grains de Bouxwiller), les trois acolytes ont pu travailler à une nouvelle étape dans l’élaboration d’un « instrument global » alliant le dessin, le son, la projection simultanée – instrument dont le nom reste à définir. .
Johanny nous rappelle d’abord en quelques mots le contexte de création de ce projet initié en 2010 avec Stéphane Clore. Un dispositif en cous de fabrication qui contient aujourd’hui une dimension corporelle, gestuelle et théâtrale moins visible à ce stade du travail en raison de l’absence de Vidal, le quatrième membre du projet.
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Très vite, une discussion s’engage sur la question de la perception/ressenti de chacun par rapport à son médium de prédilection et sur l’influence des autres médias sur le processus de création. Quelques mots sur les coulisses de cette session de résidence : Les feutres préparés suspendus dont se saisit Johanny apportent des timbres variés générant des sources sonores à retravailler intéressantes pour les deux présences musicales du projet (Mag et Sébastien).
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Puis vient le moment, où chacun des trois « invités » à ce nouveau billet de la bibliothèque in situ nous livre son conseil.
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Johanny a apprécié de voir que l’Espace multimédia mettait à disposition dans son rayon Manga, toute la collection des Akira, une série éditée chez Glénat qui est « une influence commune avec Vidal, c’est une sorte de corps qui se déploie et se transforme et intègre des éléments rigides qui sous-tend tout le « bordel », une référence d’ado assumée nous dit-il.
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Mag quant à lui nous incite à écouter le vinyle d’Artur ?mijewski, un artiste polonais né en 1966 qui a fait chanter une cantate de Bach par des sourds-muets, « ce qui est remarquable dans ce projet, c’est la manière dont on redonne une source avec son matériau à soi ». .
Enfin, Sébastien – dont nous n’avons pu enregistrer l’intégralité du témoignage (NDLR : faute de place sur notre enregistreur numérique : arrhh… toutes nos excuses pour cette erreur de débutant) – , nous recommande quant à lui l’écoute de ce projet singulier découvert par l’entremise de Thierry Monnier de metamkine, « Selten Gehörte Musik » (“Musique rarement entendue” !) de l’iconoclaste et débordant Dieter Roth.
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A noter en bibliographie : la récente exposition « Dieter Roth, Processing the world : [exposition, Rennes, FRAC Bretagne, 14 décembre 2013-9 mars 2014] qui a donné lieu à l’édition d’un catalogue que la médiathèque a acquis : cote AA ROT .
Par ailleurs Sébastien (hors micro du coup) nous dit avoir apprécié passer du temps dans la médiathèque durant cette semaine : relever un titre de cd, lu un peu de Crumb ou bien encore avoir pu feuilleter le catalogue écoutez par les yeux (Objets et environnements sonores ; [exposition] du 18 juin au 24 août 1980, ARC Paris). .
D’autres photos et vidéo sont à voir sur l’instagram de l’Espace multimédia gantner.
Les conseils de deux anciens projectionnistes ainsi que ceux de Cécile Babiole et Sarah Brown, co-réalisatrices d’un documentaire sur les outils de projection du cinéma avant le numérique.
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Un nouveau billet dans la série in situ bien qu’en vadrouille dans sa forme, puisque Cécile et Sarah sont des artistes invitées par l’Espace multimédia « hors les murs » pourrait-on dire.
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Dans la série Machines obsolètes, une archéologie des médias, l’Espace multimédia gantner poursuit son exploration des machines oubliées ou en voie de disparition. Après une immersion au cœur de la mécanographie à travers un double travail de Cécile Babiole : un podcast vidéo et une pièce sonore (pour arte radio) effectué à Belfort, c’est de nouveau avec Cécile et cette fois-ci avec Sarah que le cinéma devient le sujet du second volet de cette série, avec un coup de projecteur sur un métier spécifique : celui de projectionniste.
Deux jours de tournage étaient prévus pour rencontrer deux passionnés Antoine Scholler à Kembs et Jean-Jacques Meyer à Hitzfelden. Avant d’entendre ces deux trésors vivants, comme l’on dirait au Japon nous confier quelques savoureuses anecdotes, donnons la parole à Cécile qui nous dit quelques mots sur ce projet : contexte et enjeux, ainsi que sur le dispositif qui la conduit pour la première fois à s’associer avec Sarah Brown, pour un travail à quatre mains/quatre yeux, enthousiasmant !
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Elle en profite pour nous recommander la lecture du dossier de MCD consacré à l’archéologie des médias dont la coordination fut confiée à l’école d’art supérieure d’Avignon via son laboratoire PAMAL et évoque aussi le travail de Julien Maire, qui sera bientôt visible à l’espace multimédia.
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Mercredi 26/08
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Nous avons donc rencontré Antoine Scholler, né dans un cinéma, ce passionné de projection « à l’ancienne » est un habitué du cinéma itinérant qu’il a beaucoup pratiqué. Nous lui demandons de commenter les trois grandes marques aperçues dans son garage-atelier où sont conservées quelques machines : Cinemeccanica (Milan), Micro-ciné (Bologne) et Bauer (Stuttgart). Ensuite Antoine pose volontiers devant l’affiche de Jour de Fête de Tati, un film emblématique du cinéma, qu’il a vu jeune et qu’il apprécie toujours. Nous glissons en guise de rebond documentaire le cd Sonorama ! / Tati, Jacques. – Naïve, 2008 (P). – 2 d.c.: digibook. Disponible à la médiathèque de Delle et à l’Espace multimédia.
Nous faisons ensuite réagir Antoine devant les nombreux badges du festival de Gérardmer conservés précieusement dans son atelier : l’occasion pour lui de nous dire quelques mots de cette communauté professionnelle qu’il a plaisir à retrouver chaque année : de l’exploitant de salle aux réparateurs agréés, autant de passionnés, comme lui.
C’est un grand enfant que nous avons rencontré jeudi en la personne de Jean-Jacques Meyer, le fils du bien connu Emile (projectionniste itinérant de nombreuses années à Bollwiller, Cernay, Guebwiller et Rouffach). Jacques-Jacques fut mineur (conducteur de train) avant de pouvoir se consacrer pleinement à sa passion, l’une d’elle car cet autodidacte qui n’aime pas s’ennuyer sait également sculpter, et imagine des décorations de Noël qui sont appréciées en hiver par ses voisins de la rue de Verdun.
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Jean-Jacques a bien voulu nous dire quelques mots sur son étonnante collection de réclames publicitaires sur plaques de verre, puis il se souvient du début du cinéma 3D dans les années 80 (avant Avatar !) grâce à de magnifiques lunettes striées Tridis made in France précieusement conservées dans son archive.
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Enfin, il se souvient de son film fétiche : Le Ben Hur (1959) de William Wyler, né à Mulhouse, en 1902 alors sous domination allemande.
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Nous en avons profité pour relever deux références bibliographiques dans son atelier : deux livres :
– Le cinéma et ses techniques / Michel Wyn – Editions techniques européennes, 1973
– « Secrets du cinéma » Gallimard Jeunesse, 1995 : Livre atelier de Gérard Marié et Pierre-Marie Valat.
Nous vous proposons pour clore ce billet qui marque le redémarrage du présent blog après 3 semaines de pause estivale, par l’écoute de deux pistes sons emblématiques du cinéma analogique : un extrait des Actualités parlées, des images de la planète qui précédaient le film, projetées dans les années 50 et ensuite l’écoute d’un carillon qui annonçait à l’époque que le film allait commencer pour reprendre à quelques mots près un titre de Maurice Lemaître.
Sarah et Cécile sont en train de derusher leurs images et entretiens, il leur reste désormais à poursuivre ce second volet de la série Machines obsolètes en se rendant tout prochainement à Strasbourg pour y rencontrer un jeune projectionniste qui a connu les deux modes de diffusion l’analogique et le numérique, gageons que son témoignage complétera parfaitement les propos déjà recueillis auprès d’Antoine et Jean-Jacques.
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Bibliographie : Disponibles à l’Espace multimédia :
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Gaumont [Texte imprimé] : 90 ans de cinéma / Philippe d’ Hugues ; Dominique Muller. – Ramsay, 1986
Et notamment le chapitre : « De l’invention technique, des studios et des salles » : p 90 à 123.
Les passagers de la Grande Ourse [Texte imprimé] / texte de Paul Guth. – Gallimard : Réunion des musées nationaux, 1995
Les Pionniers du cinéma [Texte imprimé] / Isabelle Cahn, Olivier Morel. – Ed. courtes et longues, 2008 .
En ultime rebond, nous suggérons de visionner ce documentaire diffusé quasi simultanément à l’écriture de ce billet, mardi 1er septembre à minuit sur Arte : .
« Archipels nitrate, le nouveau film de Claudio Pazienza, sans conteste l’un des cinéastes les plus insolites d’aujourd’hui. Usant d’un sens du montage consommé et d’une malice bien aiguisée, Pazienza rend ici hommage à la Cinémathèque royale de Belgique et à Jacques Ledoux, qui en fut le responsable de 1948 à 1988. Par-delà cet hommage, et les questionnements sur la conservation des films, Archipels nitrate prend la matière même pour sujet – un film, ça peut se voir mais aussi se toucher et se sentir – et véhicule une foi immense dans les pouvoirs du cinéma : le temps passe, les bobines dépérissent (80% des films tournés avant 1930 ont disparu, nous rappelle le film) mais les souvenirs persistent et le désir insiste. »
Ce film n’est pour l’instant visible ni sur la médiathèque numérique.com ni dans les collections videos de la médiathèque départementale. Nous notons dès à présent cette référence et veillons à indiquer sa disponibilité dès que possible.
Par contre, pour toute personne intéressée par ce sujet, nous vous recommandons de visionner ce passionnant documentaire, dont voici la fiche bibliographique détaillée
Éditeur : Bois-Colombes : Les Films du paradoxe, 2014
1 DVD 2 couches sur une simple face (01 h 25 mn)Présentation : 16/9, coul., (PAL), Son. (Stéréo; français)
ISBN/ISSN/EAN : 3760010556924
Résumé : Film personnel de la directrice de la photo d’Eric Rohmer (Diane Baratier) sur les conséquences du passage de l’argentique au numérique dans le monde du cinéma. De la fermeture des laboratoires aux inventions géniales d’artisans français, le film donne la parole à différentes personnalités connues pour leur engagement cinématographique.Note de contenu : Entretiens avec Jean-Claude Carrière, Jean-Pierre Beauviala, André S. Labarthe, Jean-Pierre Neyrac.
Cote : AIM BAR, disponible à l’espace multimédia gantner
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Textes, entretien et photographies : Fabien Vélasquez
Remerciements chaleureux à Cécile Babiole, Sarah Brown, Antoine Scholler, Jean-Jacques Meyer et son épouse qui nous a offert un délicieux repas le 27/08 à midi.
A propos des nouvelles technologies, citant Georges Ballandier :
« Nous sommes aujourd’hui dans l’obligation de civiliser les nouveaux, nouveaux mondes inventés par l’œuvre civilisatrice. »
La bibliothèque en vadrouille a profité de la tenue d’un colloque* à Bussang intitulé – Sur les Chemins du théâtre des amateurs : La participation d’acteurs amateurs dans des créations professionnelles modifie-t-elle le projet artistique ?- pour rencontrer un sage, Jack Ralite, ancien ministre de la santé du Gouvernement Mauroy, l’un des quatre ministres communistes issus du Programme commun de 1972 ayant abouti à l’élection de François Mitterrand, le 10 Mai 1981. .
« Ce livre remet à l’honneur la Déclaration de Philadelphie proclamée en 1944 par l’Organisation internationale du travail (OIT). Ce texte, première déclaration internationale des droits à vocation universelle, a un caractère pionnier dans la mesure où il entendait faire de la justice sociale l’une des pierres angulaires de l’ordre juridique international. Affirmant que « le travail n’est pas une marchandise » et qu’« une paix durable ne peut être établie que sur la base de la justice sociale », ce texte, qui introduit la notion de « sécurité économique », revêt une singulière actualité aujourd’hui. » [Chloé Maurel, « Alain Supiot, L’esprit de Philadelphie. La justice sociale face au marché total », Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, 115 | 2011,]
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De rebonds en rebonds, on peut aussi indiquer un autre ouvrage de cet éminent juriste :
« La Gouvernance par les nombres », paru en mars 2015 aux éditions Fayard.
A consulter également sur le même sujet, son cours au Collège de France (donné en 2012-2013) en vidéo.
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Jack Ralite est membre du comité des sages de l’association du Théâtre du Peuple depuis 1999 et vient chaque été à Bussang : c’est un homme plein de vivacité que nous avons eu la chance de rencontrer : un militant, un homme d’action, convaincu/convainquant, qui œuvre pour que chacun prenne conscience de la fonction d’élucidation de l’artiste face l’énigme existentielle… Dans son panthéon d’auteurs favoris qu’il cite abondamment : Aragon, Saint-John Perse, Boulez, Klauss Mann, Vilar, … Né en mai 1928 à Châlons-sur-Marne (comme Pierre Dac), Jack Ralite est une authentique conscience éclairée et un grand témoin du XXème siècle en actes qui a généreusement pris quelques instants pour converser avec nous.
En marge de cette brève et intense rencontre, nous avons pu également visiter la petite exposition rétrospective des affiches du théâtre qui fêtait cette année ses 120 ans : l’occasion pour Vincent Goethals (l’actuel directeur du théâtre) et son équipe d’animer cette belle journée (et tout le week end, depuis le vendredi) en rendant un vivant hommage à Maurice Pottecher, son fondateur. .
À noter, à ce propos, la parution d’un livre anniversaire, édité aux éditions Actes Sud. .
* : Plusieurs metteurs étaient présents, plusieurs générations sur le plateau mythique du Théâtre du Peuple : Jean-Claude Berutti, Pierre-Etienne Heymann, Pierre Diependaele, Philippe Berling, Tibor Egervari (à Bussang de 1972 à 1985). . .
Texte, photographies et entretien : Fabien Vélasquez
Remerciements chaleureux à Jack Ralite et à Mustapha Hamid, chargé des Relations Publiques duThéâtre du Peuple.
En ce samedi après-midi de fin juillet, nous avons eu envie de rendre visite à Séverine et Nicolas, deux membres de l’association Les ateliers polychromes, qui anime durant l’été, en juillet et août plusieurs ateliers créatifs nomades sur le site du Malsaucy.
Cette proposition s’inscrivait dans le cadre de la Fête du livre jeunesse rebaptisée récemment Lire en Short (un intitulé qui aurait sûrement fait réagir Philippe Muray, l’auteur de la notion d’Homo festivus).
C’est à l’issue de la séance consacrée à la fabrication d’un livre inspiré par celui de l’illustrateur canadien John Klassen, « Ce n’est pas mon chapeau » (éd. Milan, 2013) que nous les avons rencontrés. .
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Plusieurs techniques ont été utilisées : papier canson, depron (NB : et non pas « Nepron » comme vous l’entendez maladroitement prononcé dans l’entretien), les dessins réalisés seront ensuite scannés et remis ultérieurement aux participants de cet atelier. . Bibliographie : Ouvrages de J. Klassen disponibles à la médiathèque départementale (Sites de Belfort et Delle) : – Klassen, Jon. Ce n’est pas mon chapeau. Toulouse : Milan jeunesse, 2013. 1 vol. (36 p.) – Barnett, Mac, Klassen, Jon. Extra doux. Toulouse : Milan jeunesse, 2014. 1 vol. (38 p.) – Snicket, Lemony, Klassen, Jon. Le noir. Toulouse : Milan jeunesse, 2015. 1 vol. (44 p.) – Barnett, Mac, Klassen, Jon. Sam et Tom : l’incroyable aventure. Toulouse : Milan jeunesse, 2014. 1 vol. (34 p.) .
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Plusieurs autres temps de rencontres sont prévus avec Séverine et Nicolas qui ont conçu des boites à livres, éphémères bibliothèques buissonnières d’abord avec une classe d’une école d’Offemont puis ensuite eux-mêmes. Une de ces boîtes est en permanence accessible à la maison de l’environnement, les autres sont placées les jours de beau temps par les maîtres nageurs de la plage à proximité des zones de baignade ; Les livres ont été choisis parmi ceux récoltés pour un futur bookcrossing dans le Territoire. Ils peuvent être lus sur place, pris ou empruntés pour chez soi, selon le système du « troc livre ».
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À noter que l’atelier consacré à la découverte du land art * avec la fabrication de sculptures de sable initialement prévu le 18 juillet et reporté en raison du mauvais temps, sera reprogrammé en août. Souhaitons que le vestige de la boutique des Eurockéennes (armature métallique) demeure encore quelques jours, car il constitue une authentique et inconsciente sculpture de land art, inspiratrice pour qui veut bien la voir. .
Daily fiction . Nicolas nous recommande la lecture de Daily Fiction, un ouvrage coréalisé par Matthieu RAFFARD et Albéric d’HARDIVILLIERS, édité en 2012 par in8 éd. . « La recette est simple, un jeu d’enfant : chaque jour, une photo inspire une histoire de quelques lignes. L’effet est marquant, vif, frais, revigorant. Pendant deux ans, le photographe et l’écrivain ont extrait de la gangue du quotidien, de l’insignifiant porté par le hasard, une matière insolite. » . *Disponible à l’Espace multimédia gantner :
Jeffrey Kastner (éd.scientifique.) : Land Art et art environnemental,
Paris : Phaidon, 2004 – ADA KAS
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Texte et entretien : Fabien Vélasquez Photos : Les ateliers polychromes et F.Vélasquez
« Prends garde au présent que tu crées, car il doit ressembler au futur dont tu rêves »
Mujeres Creando, un collectif « d’agitatrices de rue » anarcho-féministes boliviennes.
Nous avions reçu l’information par mail du stammstudio de Porrentruy : durant tout l’été dans les anciens fours à chaux de St-Ursanne, une communauté de 50 artistes s’installe dans ces étonnants locaux, vastes espaces industriels propices à toutes les audaces artistiques. Eve, Noémie et Arnaud ont été sollicités par l’association Arcos, les trois artistes-organisateurs ont réfléchi à une forme de résidence ouverte, qui puisse transformer les fours à chaux en une configura(c)tion inhabituelle. Les trois amis qui œuvrent chacun dans un domaine qui leur est propre (chorégraphie, musique et arts visuels) ont souhaité créer une maison dans laquelle la dimension sociale et communautaire est centrale. Le lieu offre maintes possibilités pour tour à tour, s’isoler ou au contraire, partager un repas ou un café dans l’un des nombreux espaces de convivialité. Pari réussi, car au bout de quelques minutes dans ce bâtiment, le visiteur se sent très vite à son aise et telle une ruche en construction, il n’hésite pas à sillonner et découvrir les alvéoles/alcôves disséminées dans ce singulier édifice.
Nous nous sommes donc rendus en ce 25 juillet dans cette zone de création bouillante et effervescente, accueillis d’abord par Eve.
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Elle nous explique en quelques mots la genèse de ce projet. Elle active ensuite l’installation-instrument du groupe electro trip hop jurassien Hors context. Intitulé la brico-harpe, cet instrument est à disposition du public qui peut faire glisser ses doigts sur les cordes tendues et générer des sons. Eve nous recommande de visionner Water Walk, l’intervention de John Cage diffusée en janvier 1960 à la télévision américaine. Ce film aujourd’hui en ligne, lui a été recommandé lors d’un temps de parole collectif fixé chaque jour à 19h, où rituellement toutes les personnes présentes échangent sur leur processus créatif. (De nombreux documents de et autour de J. Cage disponibles à la médiathèque)
C’est ensuite Noémie et Arnaud qui complètent l’intervention d’Eve en duo. Ils insistent à leur tour sur la dimension collective de ce projet qui n’a de sens que dans l’expérimentation et l’écoute de chacun, pour apprendre à cohabiter, à vivre ensemble et partager une expérience quotidienne sur la durée.
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A ce titre, on peut proposer à ce stade de l’écriture du billet, deux échos-rebonds thématiques. D’abord, l’article paru simultanément dans Libération le 25/07 intitulé :
« De visu est construit autour de cinq éclairages : envie et détermination, espace et temps, agencement et économie, ancrage et implication, ouverture et mise en relation, et donne la parole à des chercheurs pour mieux comprendre ce qui se trame et s’élabore. »
Des mots qui sont autant de leitmotivs pertinents pour décrire le projet mis en œuvre aux FAC.
Ce répertoire qui recense 20 lieux où les arts plastiques se pensent autrement compte parmi les 20 adresses fournies : 18 en France, 1 en Belgique et 1 en Suisse (Crache Papier à Genève), on peut suggérer d’ajouter les FAC à St- Ursanne pour la prochaine édition de cet ouvrage.
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Rencontre avec deux artistes : une dessinatrice et une chorégraphe .
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Nous avons pris un moment pour demander à Léandre Ackermann de nous présenter son premier album édité en avril aux éditions La boite à bulles, L’Odyssée du microscopique .
Léandre nous a dit aussi en quoi Chris Ware (cf. JimmyCorrigan, l’ouvrage qui était posé sur sa planche à dessiner) l’a influencée dans les premières planches réalisées au FAC. Léandre a entrepris de raconter son quotidien dans ce bâtiment aux lignes architecturales forcément inspirantes pour une dessinatrice. Lire aussi son portait (p. 36) paru dans le numéro 2 de « Jura l’original » en décembre 2012. .
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La bibliothèque idéale de Pascale
Lorsque nous visitons, de nombreux enfants découvraient avec curiosité les artistes présents. Ils ont pu visionner Syllogom, le court-métrage d’animation réalisé in situ lors de la première « tranche » de résidence par Guillaume Lachat / El Fuzz. .
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Nous poursuivons notre déambulation et assistons à un moment dansé de Pascale Utz, une jeune chorégraphe venue de Bâle. Nous prenons un petit temps de discussion en anglais avec elle. Nous découvrons trois ouvrages, qui sont les lectures qu’elle a prises dans ses bagages pour ce temps de vie à St-Ursanne. Il s’agit de textes autour de la notion de créativité (explorée dans trois champs : philosophique, scientifique et historique) : .
– Creations: Medieval Rituals, the Arts, and the Concept of Creation ed. Brepols, 2007.
Il existe une version en ligne de cet ouvrage collectif. .
A noter : Il reste 3 événements « festifs » pour découvrir au cours d’une soirée les étapes de travail des artistes invités dans les diverses sessions de résidence mises en place : les 1er, 14 et 29 août, à partir de 19 heures. Les FAC ouvrent leurs portes le week end de 10 à 19h et en semaine, les jeudis et vendredi de 14 à 19h. Visite guidée assurée, possibilité de déguster un délicieux sirop artisanal, prix libre.
Les Musées de Belfort ont eu la savoureuse idée d’ouvrir un édifice méconnu de la citadelle à l’art contemporain. En effet, depuis trois années des artistes investissent la Poudrière Haxo : Yann Toma (2013), Philippe Perez (2014) et cette année, Pierre-Yves Freund.
L’idée est originale : inviter les visiteurs à découvrir les œuvres via une expérience sensorielle inédite où l’esthétique et le goût s’entremêlent. (Lire à ce propos le texte de Jean-Claude Lebensztejn,le gout du sang paru dans le recueil Déplacements(Les Presses du réel, 2014)
Avec cette animation, nous ne sommes pas loin non plus, de la gastrosophie chère à Charles Fourier.
Pour cette exposition, les musées ont donc proposé à l’artiste qu’un maitre théier belfortain muni de thés originaux vienne révéler son imaginaire créatif.
Avant de procéder à une authentique cérémonie orchestrée dans les règles de l’art, Nicolas Surlapierre, le conservateur des Musées a proposé une visite de l’exposition en compagnie de Pierre-Yves. Le noir ou sa progression du gris au presque noir progresse au cœur d’un langage formel minimal. Les œuvres sont présentées dans cette fausse chapelle, lieu où les musées entreposent certains éléments de mobilier religieux des édifices environnants menacés de destruction. Pierre-Yves Freund utilise des matériaux simples (thé, plâtre) pour construire des œuvres discrètes placées à la fois dans la chapelle et au dehors.
Nicolas cite H. Szeemann et « l’évidence des choses par terre » qui décrit bien la sensation des œuvres qui sur le sol de la chapelle dessinent un presque rien sensible. Tout va vers le noir.
On est en présence d’une poétique du feu sans le feu (Bachelard), une pratique alchimique du volume et de la couleur ?
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Ponctuation du paysage
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Rencontre avec l’artiste.
« Je coule des formes de plâtre qui contiennent souvent des fragments de matière une tige de métal qui rouille et se dessine, un écrit, un vide… Les formes se déterminent au regard du lieu, beaucoup sont réalisées, toutes ne sont pas utilisées. La multiplication des gestes calme-t-elle l’inquiétude ? »
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Nous avons pris un moment pour discuter avec Pierre-Yves que nous avions déjà rencontré très succinctement lors de Grand Bazar (fin 2014), l’avant dernière exposition présentée par Monique Chiron à la galerie du Granit.
L’artiste en quelques mots revient sur l’étape décisive de la rencontre avec l’espace dans lequel va s’imprimer son travail. Il cite Lee Ufan : « Ce ne sont pas les choses qui existent, ce n’est pas le monde qui existe, mais le rapport entre eux. »
Pierre-Yves nous a également conseillé la lecture des écrits de l’artiste sud-coréen : « Un art de la rencontre« , publié aux éditions Actes Sud, en 2002.
Nous lui demandons ensuite de se souvenir d’une « exposition-dialogue » de 2011 entrepris(e) avec Blanca Casas Brullet et en particulier de la très belle édition réalisée à l’époque, dont la médiathèque conserve un exemplaire (notice reproduite ci-dessous)
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Entre temps [Texte imprimé] : [exposition, Belfort, Le Granit, scène nationale, 12 mars-24 avril 2011] / Arnaud Vasseux ; auteur Le Granit (Belfort). – Belfort : le Granit, scène nationale ; [Augerans] : [Association Territoires], [2013]. – 1 vol. (16-[22] p.) : ill. en coul. ; 23 cm.
Contient des citations d’auteurs divers. 2013 d’après la déclaration de dépôt légal.
ISBN 978-2-9527989-3-8 (br.) : 15 EUR
* Sujets :
Casas Brullet, Blanca (1973-….) ** Expositions
Freund, Pierre-Yves (1951-….) ** Expositions
Lee, U-Fan (1936-….) ** Influence
Giacometti, Alberto (1901-1966) ** Influence
Gestes ** Dans l’art
Papier
** Exemplaire (s) :
Livre (No 2819150113) : ESPACE GANTNER, section Adulte, AA FRE. Exclu du prêt, En réserve. Etat : Non disponible. Note : Don du Granit
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Pierre-Yves se souvient avec émotion de ce travail qui de mutique devint intime en quelques gestes posés dans la galerie qui déclenchèrent un nourrissant dialogue prolongé ensuite par l’atelier d’écriture mené avec des femmes arabes par une amie Laëtitia Angot.
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« Les gestes se font infimes ou frondeurs, ils fragmentent, récidivent, se remémorent jusqu’à l’affleurement, orchestrent jusqu’à la résonance. » (Monique Chiron, in La publication citée plus haut).
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Avant de lui demander un conseil de lecture, pour poursuivre la constitution d’une bibliothèque buissonnière idéale, nous demandons à Pierre-Yves de commenter la dimension sonore de son exposition : une boucle très courte captée il y a plus de 20 ans, issue d’une bande son utilisée par le groupe Urban Sax « quand ils occupaient l’espace alors qu’ils ne jouaient plus. »
Pierre-Yves conclut en citant un livre de Patick Wateau qui l’accompagne depuis de longues années « Docimasie».
En voici un fragment qui résonne avec le travail de Pierre-Yves : « Étudier la condition humaine, c’est retrancher l’humanité par couches successives, extrêmement minces, afin de suivre, jusque dans les derniers détails, tous les degrés et toutes les nuances par lesquels ce retranchement fait passer à l’état animal. »
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Avant de clore, ce billet, remercions chaleureusement Pierre-Yves Freund, Nicolas Surlapierre et les Thés de Bernie qui ont assuré la dégustation lors de la cérémonie et qui nous ont recommandé un blog très fourni pour celles et ceux qui voudraient approfondir leur découverte des thés, celui d’Olivier Scheinder.
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Et pour clore définitivement ce compte rendu, n’oubliez pas que trois autres cérémonies sont prévues en présence de l’artiste : le 23 juillet, les 6 et 20 août à 17h30 – entrée libre. Exposition visible tous les jours jusqu’au 31 août de 10 à 12h et de 14 à 18h.
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Liste de mots en T entendus lors de la cérémonie du 16 juillet (non exhaustive)
Maturité
Cavité
Complexité
Fermenté
Sonorité
Humidité
Intensité
Clarté
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Bibliographie
Nous vous proposons de découvrir à Bourogne deux ouvrages autour du travail de Lee Ufan, édités à Milan que la médiathèque conserve.
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Lee Ufan [texte imprimé] / Gino Di Maggio, Achille Bonito Oliva ; U-Fan Lee. – Milan : Mudima, 1994. – 198 p. : ill. en coul. ; 31 cm.
Publié à l’occasion de l’exposition à la fondation Mudima du 2 juin au 15 juillet 1994.
Contient : » Lee Ufan » : Infinities / Gino Di Maggio. » Lee Ufan « / Achile Bonito Oliva. » On infinity « / Lee Ufan. – 90
* Sujets :
Lee, U-Fan (1936-….) ** Expositions
** Exemplaire (s) :
Livre (No 2813250113) : ESPACE GANTNER, section Adulte, AA UFA
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Lee Ufan [texte imprimé] : Resonance / Achille Bonito Oliva. – Milan : Mudima, 2007. – 55 p. : ill. en coul. ; 27 cm.
Publié à l’occasion de la 52ème Biennale de Venise du 10 juin au 21 novembre 2007.
20 euros
* Sujets :
Lee, U-Fan (1936-….) ** Expositions
** Exemplaire (s) :
Livre (No 2813240113) : ESPACE GANTNER, section Adulte, AA UFA. Exclu du prêt, En réserve. Etat : Non disponible. Note : Dessins au crayon sur le livre et dans deux feuilles volantes glissées à l’intérieur probablement de l’artiste ou maquettiste.
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Texte, entretien et photographie : Fabien Vélasquez
L’an dernier, nous avions déjà assisté à une séance du cinéma voyageur à Champagney (70) au camping des Ballastières, car nous avions manqué la séance d’Auxelles-Haut (90) quelques jours plus tôt. C’est d’ailleurs grâce à François Fendeleur, l’un des bénévoles de la médiathèque jouxtant l’auberge Le Coin de la Stole que ce cinéma voyageur avait à l’époque fait escale dans le Territoire. Partie remise cette année, avec une halte dans un village voisin : à Fresse à l’occasion de la première Fête du Goût d’Ici, une manifestation organisée au Lieu-dit des Rondey, dans et autour d’une maison champêtre léguée à la commune de Fresse, une bâtisse et un champ des possibles, où le cinéma voyageur a posé sa roulotte, son écran gonflable (pour la séance en plein air sous les étoiles d’une sublime nuit bleuté), sa librairie ambulante… le temps d’une soirée estivale, festive et collégiale (buvette et chants).
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Rencontre avec trois des animateurs du cinéma voyageur : Elsa, Yannick et Florian (l’un des réalisateurs du film projeté à 21h30 : Mouton 2.0)
Le logo du cinéma voyageur est un dirigeable / aérostat qui évoque les romans de Jules Verne et les ballons des Frères Mongoflier… Clin d’œil à cette identité graphique, la veille de la séance, nous étions tombés chez un soldeur sur un livre intitulé « Le rêve du mouvement perpétuel » de Dexter Palmer publié aux éditions albigeoises Passage du Nord-Ouest dont la couverture est également un aérostat.
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Elsa, Yannick et Florian évoquent à tour de rôle l’état d’esprit de ce cinéma voyageur qui défend « l’envie de partager des films qu’on aime et d’en parler dans un cadre original. Il propose au spectateur de se frayer un autre chemin dans les méandres d’un système où l’image et la création sont devenues des objets de consommation. ». Florian commente ensuite le film qu’il a coréalisé avec Antoine Costa, notamment le recours à une archive de la télévision publique des années 60 comme illustration tangible du processus d’industrialisation de l’agriculture entamé durant les 30 Glorieuses. Les trois amis nous dévoilent ensuite chacun un conseil / coup de cœur. .
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C’est d’abord Elsa, amatrice de romans qui nous invite à lire Présentation des Haidoucsde Panaït Istrati. À la croisée des Mille et Une Nuits, des Aventures de Robin des Bois et du banditisme social décrit par Eric Hobsbawn, ce conte universel de Panaït Istrati (1884-1935), « pèlerin du cœur » et vagabond de génie, fait hurler en nous un mot bien trop oublié : justice ! (Site de l’éditeur) .
6 références à la médiathèque départementale de cet auteur roumain dont 1 à L’espace multimédia, sa contribution à la revue L’Arc, consacrée à Orwell n° 94 – 1990 (p 40 à 43 : Préface à « La vache enragée ») Il écrit sans façons. Il ne décrit rien, ou peu, ne pérore jamais, évite le détail le plus inévitable, ne s’emballe devant aucun cas et glisse sur les moments les propres à devenir du grand art, mais aussi de la « littérature ». .
Yannick (2 conseils) .
La lecture d’un texte Manifeste paru en 2014 aux très militantes éditions grenobloises
Il y a quelques jours, Pôle Emploi m’a écrit. Alarmée par la faiblesse de mes démarches, l’institution souhaite me rencontrer pour cerner mon profil. On y va finalement à plusieurs. Un conseiller est-là pour nous aider et trouver une solution. Reste à identifier le problème. Que faisons-nous dans la vie ? Des films. Il demande si cela fait longtemps que nous sommes dans le métier. Quelques peu crispés, nous nous voyons dans l’obligation de répondre que nous ne sommes pas vraiment « dans le métier ». On s’explique.
Florian insiste sur le collectif Synaps et recommande également le petit livre de Mathieu K. qui résonne particulièrement par rapport à son vécu. Florian nous offre généreusement pour la médiathèque, un exemplaire de son film en DVD, ainsi que le petit livre des éditions du monde à l’envers. ..
Le cinéma voyageur poursuit sa route : Consultez l’agenda de la Tournée 2015 : Rubrique Evénements à venir :
Le 17 juillet à Deluz dans le Doubs
Le 26 juillet à Roybon (Isère), à la ZAD
Deux dates pour nos amis ardéchois, partenaires du projet transversal 4D autour des droits culturels, dont le cinéma voyageur est une illustration vivante et pragmatique.
Le 29 juillet à Rompon (Ardèche)
Le 4 août à Dompnac (Ardèche)
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Texte, photographies et entretien : Fabien Vélasquez
Remerciements : Elsa, Yannick et Florian (cinéma voyageur), Gilles Barthélémy (Programmateur Mois du Doc dans le Territoire), les bénévoles de l’association Fress’anim et les festivaliers croisés.
La collecte de brochures en tout genre et autres éditions est une activité « réflexe » chez le bibliothécaire-documentaliste, ouvert à l’écosystème foisonnant qui l’entoure dans les diverses institutions traversées au cours de sa vie professionnelle.
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On ne peut jamais deviner comment rencontre-t-on un éditeur, le/la fondateur/trice d’une revue. En novembre 2013, de retour d’une journée d’étude sur les bibliothèques qui bougent en Europe tenue à Béziers, nous nous sommes arrêtés à Montpellier visiter La Panacée avant de reprendre le train pour Belfort. Halte de quelques heures dans un centre d’art municipal étonnant et cheminement dans son exposition du moment dédiée à la conversation. Autre découverte, moins visible : 3 numéros de la revue Infra dénichés dans le centre de documentation flambant neuf de cet édifice situé en plein cœur de ville, rue de l’École de Pharmacie.
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La collection de la revue généreusement complétée par Emma après sa visite,
nous avons en effet reçu les 7 premiers numéros par la Poste.
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Voici la notice bibliographique du numéro 10 :
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Transcription [texte imprimé] : 19.09.2013 / Emma Cozzani ; nom associé, David Pujadas. – Montpellier : Editions Infra, 2013. – 1 dépliant à activer soi-même.
Publié en 500 exemplaires, diffusion gratuite.
Titre général : Infra ; n°10
* Sujets :
Télévision ** émissions ** France ** Actualité
Art ** édition* Résumé : Cette édition à déplier (format A2) est la transcription fidèle, mot à mot du journal télévisé de 20 heures du 19 octobre 2013 de France 2. Remis en forme à la manière d’une pièce de théâtre, ce petit livre original, offre un regard distant sur le flux d’information quotidien.
** Exemplaire (s) : Revue (No 2819420113) : ESPACE GANTNER, section Adulte, APP COZ. Exclu du prêt, En réserve. Etat : Non disponible.
Note : Revue Gratuite, « trouvée » à Montpellier en novembre 2013
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Ce numéro a été utilisé lors d’un stage à destination d’enseignants sur l’éducation aux médias : bibliographie commentée des artistes ayant travaillé avec la presse (Lien bientôt disponible vers un blog de l’Académie de Besançon).
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Ce n’est donc que 19 mois plus tard, en juin 2015, que nous faisons la connaissance de l’initiatrice de la revue Infra. De retour elle, de Mulhouse, destination Montpellier… Emma a ajouté une escale à son séjour dans l’Est : Bourogne et l’Espace multimédia gantner.
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Dérive provoquée par un mail rédigé deux jours auparavant lui indiquant que nous n’avions pu la rencontrer sur son stand à Mulhouse 015. Le zigzag est clôt ou presque… voici un court entretien réalisé avec une jeune artiste aux activités déjà nombreuses (édition, art numérique et art sonore).
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Nous avons profité de son passage en nos murs pour demander à Emma de nous dire quelques mots de la revue Infra qui se conçoit comme une galerie sur papier (Poster imprimé recto verso, pliage mis au point, déclinaison par couleur). Chaque livraison invite un artiste différent à investir le format avec un travail pensé pour et par ce format.
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Pour l’instant, 10 numéros parus qui abordent des sujets aussi variés que la surveillance, le tourisme, la cartographie, le son. Les numéros 9 et 10 d’Infra étaient présentés dans le cadre de la résidence Featuringà La Panacée.
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Après avoir dit quelques mots de son installation Climax, présentée à Mulhouse 015, Emma nous dévoile ensuite le nom des trois prochains contributeurs à Infra.
Pour soutenir ou s’abonner à la revue Infra, visionnez cette page informative sur un site de financement participatif.
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Un livre-clé, un son bricolé et une vidéothèque
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En fin d’entretien, elle nous glisse trois conseils :
une lecture, celle de Bastien Gallet : Composer des étendues : l’art de l’installation sonore (édition Ecole des beaux-arts de Genève, 2005)
Voir les autres ouvrages disponibles à la médiathèque en fin de billet dans la bibliographie associée.
un son : Bololipsum (Adrien Décharne) : composition à partir de jouets détournés.
La Vidéothèque : Fondée par Chloé Dragna, cette plateforme initiée en 2010 s’attache à collecter et diffuser les créations d’artistes vidéastes internationaux aux formes visuelles et sonores non conventionnelles et inattendues. Également montpelliéraine d’implantation, la Vidéothèque et Infra ont le souhait de travailler ensemble, le choix de trois artistes vidéastes pour les prochains numéros de la revue (N° 11,12 et 13) illustre déjà cette volonté. La médiathèque a dans ses collections le dvd (8 films) édité par La vidéothèque en novembre 2010. .
Rebonds et prolongements
Découvrez un autre entretien entre Emma Cozzani et Sandy Berthomieu visible sur le site d’IDEM Mag en mai 2015
Consultez aussi un billet plus ancien du blog : Le compte rendu d’une des trois journées au 1er Festival de la Revue de Lyon.
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Bibliographie : Disponible à la médiathèque
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Le boucher du prince Wen-houei [Texte imprimé] : enquêtes sur les musiques électroniques / Bastien Gallet. – Musica falsa, 2002
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Ecrits sur la musique [Texte imprimé] : 1924-1956 / Alfred Schutz. – MF, DL 2007
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Fresh théorie [Texte imprimé] / Mark Alizart ; Christophe Kihm ; élie During ; Michel Gauthier ; Joseph Mouton ; Bastien Gallet ; Patrice Blouin ; Laurent Goumarre ; Bettina Funcke ; François Cusset ; Laurent Jeanpierre ; Nikola Jankovic ; Olivier Schefer ; Claire Brunet ; Catherine Geel ; Yves Winkin ; Cédric Vincent ; Sophie Mendelsohn ; Catherine Malabou. – L. Scheer, impr. 2005
* Titre général : Fresh théorie ; 1
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Fresh théorie [Texte imprimé]. 2 / Mark Alizart ; Pierre Zaoui ; Avital Ronell ; Christophe Kihm ; Michel Gauthier ; Thierry Davila ; Nicolas Thély ; Patrice Blouin ; Erik Bullot ; Benoît Tadié ; Bastien Gallet ; Nicolas Thély ; Jean-Marc Chapoulie ; Marc-Olivier Wahler. – L. Scheer, 2006
* Titre général : Fresh théorie ; 2
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Fresh théorie [Texte imprimé]. 3, Manifestations / Mark Alizart ; François Cusset ; Razmig Keucheyan ; Marc Zerbib ; Christophe Kihm ; Barbara Formis ; Michel Gauthier ; Bastien Gallet ; Erik Bullot ; Patrice Blouin ; Pacôme Thiellement ; Catherine Malabou ; Pierre Zaoui ; Patrice Maniglier ; Claire Brunet ; Dork Zabunyan. – Léo Scheer, 2007
* Titre général : Fresh théorie ; 3
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artpress2 [texte imprimé] : L’art des sons / David Toop ; Christophe Kihm ; Alexandre Castant ; Bastien Gallet ; Allen S. Weiss ; Yann Rocher – octobre 2009
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In actu [Texte imprimé] : de l’expérimental dans l’art / ouvrage dirigé par Elie During, Laurent Jeanpierre, Christophe Kihm… [et al.]. – Publications des Marquisats, Ecole supérieure d’art de l’agglomération d’Annecy : les Presses du réel, DL 2009
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Gare Maritime [texte imprimé] : anthologie écrite et sonore de poésie contemporaine / Maison de la poésie ; Bastien Gallet ; Nicolas Pesquès ; Florence Pazzottu ; Olivier Bourdelier ; Emmanuel Tugny ; Rodolphe Burger ; Jérôme Gontier ; Jean-Paul Auxeméry ; Soizic Lebrat ; Marc Perrin ; Françoise Clédat ; Jean-Claude Schneider ; Etienne Faure ; Ronan Cheviller ; Antoine Dufeu ; Jean-François Bory ; Nicole Caligaris ; Luc Dell’Armellina ; Jean-François Pauvros ; Frank Smith ; Frank Smith ; Eleni Sikelianos ; Christian Lété ; Sarah Riggs ; Forrest Gander ; Alex Dickow ; Abdallah Zrika ; Cahit Tanyol ; Manuel Daull ; Joachim Sartorius ; Jacques Lèbre ; Marc Guillerot. – Gare maritime, 2010
* Titre général : Gare maritime ; [9]
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Texte, photographies et entretien : Fabien Vélasquez
Rencontre avec Systaime qui s’apprête à investir la presqu’île du Malsaucy durant trois jours.
A peine arrivée par le TGV en gare à 13h52, l’équipe a passé l’après-midi à l’Espace multimédia pour peaufiner la préparation de leur intervention durant le festival.
Nous avons pris un moment pour discuter avec SYSTAIME.
Entretien réalisé dans le cadre très cosy de l’installation de Tagny Duff à l’étage, dans l’exposition SO3… un cabinet de curiosité propice à une séance photo décalée et pittoresque à l’issue de ces 15 minutes de conversation.
L’occasion durant ce premier entretien de 10 minutes, d’évoquer d’abord les origines de la French Trash Touch fondée en 1995 et le SPAMM, ouvert en 2011.
Michaël nous explique ensuite en quelques mots le dispositif prévu pour son Remix des Eurocks.
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Deux coups de cœur : il nous invite à découvrir le travail de Larry Carlson et le film Dead Man Shoes réalisé en 2004 par le britannique Shane Meadows.
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Durant l’entretien, nous apprenons que SYSTAIME a réalisé une série diffusée sur la plateforme Arte creative, série intitulée DR BOO BOO dont voici le script de l’épisode inaugural :
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« Nous sommes dans un futur proche, DR BOO BOO diagnostiqué « psychopathe de type numérique schizoïde anarchiste » choisit la fuite et l’exil. « On dit que” DR BOO BOO est nomade, qu’il n’est plus vraiment humain, qu’il rencontre de nombreux artistes, et ne dort jamais deux nuits consécutives au même endroit… La seule chose qui est sûre c’est de pouvoir capter chaque mois 5 minutes du flux pe […] rmanent que DR BOO BOO transmet à son Hopital Crew. Un poème vidéo où les évènements réintroduits affrontent… »
SYSTAIME au travail à l’Espace multimédia, tout n’est pas complètement numérique,
il faut découper à la main et au massicot les FLASH CODE autocollants
qui seront apposés en divers endroits du festival
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Cédric Massart
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Nous rencontrons ensuite Cédric Massart qui est l’un des acolytes de SYSTAIME sur ce projet qui va intervenir sur le volet développement – programmation. (Flux video, timeline).
Il va découvrir les Eurockéennes, un festival disposant de moyens techniques facilitant l’expérimentation. La vaste couverture wifi permettra de mesurer l’interaction que leurs outils vont produire.
Des robots réalisés par L’INRIA à Bordeaux. Une série de plateformes opensource qui permettent de créer des robots humanoïdes. Il pense que cet outil séduirait les jeunes qui fréquentent l’espace multimédia et qui sont friands de « connections ».
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Le projet Poppy a pour but de développer une plateforme robotique humanoïde, robuste, flexible, et facile à utiliser tant au niveau matériel que logiciel. Imprimé en 3D et opensource, la plateforme ouvre la porte à un large éventail de projets à destination de la science, l’éducation, l’art, et les makers. Composé exclusivement de composants du commerce (moteurs et électronique) ainsi que des membres imprimés en 3D, le corps de Poppy reproduit la morphologie et les dimensions du squelette humain avec un corps souple et multi-articulé. Développé dans l’équipe Flowers de l’INRIA de Bordeaux, Poppy était initialement une plateforme d’étude de la locomotion bipède et de l’interaction sociale et physique des humains et des robots. Aujourd’hui des laboratoires de recherche, fablabs et écoles d’ingénieurs fondent une communauté d’utilisateurs et de hackers autour de ce robot humanoïde abordable, librement reproductible et modifiable [in www.makerfaireparis.com/poppy–project-2]
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.Texte et Entretien : Fabien Vélasquez
Photographies : François Coussière et Fabien Vélasquez
Les conseils de la compagnie Association du 48 accueillie en résidence pour son projet « Attitudes Attitudes » soutenu par l’EST, laboratoire transmédia.
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« Le projet Attitudes décline des attitudes de chanteurs en scène (popstars, punkstars, rapstars, rockstars…) sous forme de partitions écrites à quatre mains. (Lina Schlageter et Zoe Philibert). Pour 2015, il vise à créer un site internet comme plateforme de diffusion et d’expérimentation spontanée par la mise en ligne de ces partitions. Les visiteurs du site sont invités à les interpréter physiquement et partager à leur tour leur expérience en enregistrant en ligne des vidéos de leur interprétation. Créant ainsi une collection de vidéos associées à chaque partition. Un laboratoire à alimenter collectivement qui expose les liens partagés (au travers d’internet notamment) entre divers corps, imaginaires musicaux et imaginaires de danse. » (Extrait de la note d’intention)
A Belfort, Lina et Zoé étaient accompagnées de Céline Cartillier, meneuse de bal et comédienne qui est venue poser sa voix sur les textes proposés, autant de partitions à activer par les participants, danseurs amateurs, habitués de l’atelier du mardi ou curieux et curieuses venus spécialement pour ce 19H.
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Les 3 jeunes artistes ont su distiller avec malice et simplicité leur enthousiasme pour ce projet.
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Florent Wong, artiste peintre, habitué du ccn qui a lui même participé à l’atelier a dessiné quelques croquis, quelques attitudes à partir de photographies prises par sa compagne, Florent nous a généreusement transmis deux croquis, que nous publions ici. .
A l’issue de la présentation publique, nous avons pris un moment pour rencontrer ces trois pétillantes muses, elles nous expliquent les interactions entre leur médium d’expression respectif : écriture (Zoé), chorégraphie (Lina) et voix (Céline). Comme à chaque billet, ce nouvel épisode de la bibliothèque en vadrouille collecte aussi des conseils de lecture ou d’écoute qui sont autant de rebonds potentiels, foisonnants zigzags listés ci-dessous :
C’est d’abord Zoé qui nous incite à découvrir de toute urgence les clips réalisés en 1980 par Olivier Assayas avec Jacno : « Anne cherchait l’amour » par exemple – in Rectangle, deux chansons de Jacno.
Elle a aussi été fascinée par l’attitude de la chanteuse uruguayenne Elli Medeiros.
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Lina nous recommande le film documentaire « Paris is burning » (1990) , réalisé par la cinéaste Jennie Livingston. Une plongée dans les bals voguing à New York ; un film qui n’est pas sans lien avec le projet attitudes.
Lina cite aussi ÊTRE ENSEMBLE. FIGURES DE LA COMMUNAUTÉ EN DANSE DEPUIS LE XXE SIÈCLE, un livre publié par le CND, à Pantin et non pas par les PUR comme nous l’avons indiqué dans l’entretien (même si les PUR ont publié plusieurs ouvrages autour de la danse par exemple celui-ci). Un livre qui était également, c’est amusant, une des lectures des jeunes artistes croisés à Mulhouse lors de « Mulhouse 015 » le 15 juin, voir le billet du blog à ce propos.
A lire :
Mère supérieure
Importatrice française de la ballroum, la danseuse Lasseindra Ninja défend et veille sur une communauté dont on sous-estime l’ampleur.
Enfin Céline, qui a eu la chance de participer à la préparation d’une exposition du CND à Chaillot, nous recommande le catalogue édité à cette occasion :
Scènes de bal, bals en scène [Livre] : exposition, Pantin, Centre national de la danse, 9 février-30 avril 2011, Paris, Théâtre national de Chaillot, 5 mai-10 juin 2011 / Marie-Françoise Bouchon, Virginie Garandeau, Sophie Jacotot, Nathalie Lecomte; sous la direction de Claire Rousier
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De notre côté, nous leur recommandons comme nous l’avions déjà fait pour la compagnie La BaZooka, le court-métrage Gala (1961), de Jean-Daniel Pollet, visible dans le DVD de l’acrobate (1976) et sur la toile.
En bibliographie complémentaire, nous indiquons cette page réalisée par la BM de Lyon « On a retrouvé les bals perdus» qui liste d’autres ressources pertinentes sur le sujet.
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.Remerciements : Céline, Lina, Zoé, Florent Wong (dessins), Marie-Pierre Jaux (ccn) et tous les participants à cet atelier.
.Texte, photographies et entretien : Fabien Vélasquez