Organisée par la petite fille du peintre et critique d’art né en 1901 à Anvers, cet accrochage propose plusieurs dessins et ouvrages d’un homme à l’énergie débordante. Seuphor fut un grand spécialiste de Mondrian, qu’il côtoya, en atteste cette archive vidéo de 1968.
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L’entretien débute par l’écoute d’une archive inédite (la voix de Michel Seuphor à la fin des années 90), et se poursuit par l’évocation d’un artiste, qui fut aussi poète.
Sophie Berckelaers dirige une compagnie de théâtre à Grenoble, qui durant l’exposition a réactivé une conférence donnée par son grand-père à l’école d’art de Besançon en 1969. Sophie lors de l’entretien, nous apprend que son grand-père était très ami de Jean Ricardon, un peintre jurassien, né à Morez en 1924, professeur à l’école d’art de Besançon de longues années avec lequel il avait réalisé des ornements pour la porte de la faculté de pharmacie de Besançon. Nous reproduirons bientôt à ce sujet, quelques documents transmis par Sophie Berckelaers.
L’archive Seuphor est conservée depuis son décès en 1999, à Anvers dans l’un des dépôts des archives de l’État belge.
On peut préciser que durant notre visite, dans un recoin de la galerie, une table avec des ouvrages de Seuphor (de la poésie surtout) était installée et offrait aux visiteurs l’occasion de les feuilleter tout en dégustant du chocolat et/ou en buvant du thé. Sophie Berckelaers a lu un document rare Equation Première paru en 1991 à Milan (avec une introduction en italien de Guetulio Alviani et un texte de Seuphor en français), dont elle nous a autorisés, la reproduction de quelques pages, l’appareil photo en bandoulière.
Nous donnons à entendre cette lecture improvisée donnée en petit comité :
7 documents disponibles dans les collections départementales
7 documents disponibles à la BM de Belfort
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Ouvrage disponible en vente à la galerie :
Michel Seuphor
Sergio Servellón
édité par FeliXart Museum et Pandora Publishers
2014
280 pages
Edition trilingue (nl, fr, all)
€ 39
Un article de presse de Charline Corubolo paru dans le Petit Bulletinle 8 novembre 2016.
La situation topographique de galerie Hang’art illustre parfaitement ce mot de Stendhal à propos de sa ville natale, voici la vision à 360° depuis le seuil de la galerie: « Au bout de chaque rue, une montagne… »
Date : 9 novembre 2016
Lieu : Médiathèque de Bavilliers, salle Jean Moulin
Heure : entre 22 :30 et 22 :40
Entretien avec Marie-Eve de Grave
Synopsis du documentaire :
Grisélidis Réal est un météore. Sa vie est digne d’un roman. Elle s’est prostituée dans les bordels munichois, aux bras de G.I. noirs. Elle s’est livrée au trafic de marijuana. Elle a fait de la prison. Dans les années 70, elle devient « la Catin révolutionnaire ». Elle écrit : « la prostitution est un art, une science et une pratique humaniste ». L’amour fou l’a consumée. Ses clients aussi. Grisélidis peint, elle dessine et écrit sa vie qu’elle invente à chaque instant. Tout avec elle devient précieux, passionné, passionnant, bouleversant, fou. Grisélidis, c’est la révolte. C’est la femme sauvage qui traverse la nuit en hurlant, parée, fardée, sublime.
S’immergeant au cœur des écrits de Grisélidis Réal, le film de Marie-Eve de Grave retrace le parcours fulgurant d’une femme hors norme. Images de fiction inspirées des textes, dessins, extraits, manuscrits, photographies, archives historiques, entretiens, s’entrelacent pour tisser le portrait fragmenté et pluriel d’une magnifique rebelle derrière laquelle se cache un véritable écrivain.
A l’issue de la projection, Marie-Eve de Grave a pris un moment pour répondre aux questions de La Bibliothèque en vadrouille…
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Nous avons d’abord souhaité que Marie-Eve évoque un lieu d’archives dans lequel les manuscrits de G. Réal sont conservés : les archives littéraires suisses à Berne.
Nous discutons ensuite avec la réalisatrice de la séquence où est citée (et reproduite) la revue MARGE, une revue importante parue entre 1974 et 1979. Une revue qui dès son numéro inaugural entendait « créer un journal qui serait celui de tous les nomades, de tous les révoltés, de tous les réprimés de cette terre – que sont les marginaux -, de tous ceux enfin qui n’ont jamais le droit que de se taire. » Marie-Eve nous explique comment aidée par son compagnon, graphiste de formation, elle a reconstitué l’historique numéro 13 ( nov-déc 1977) dans lequel G. Réal signait une tribune-manifeste : « Se prostituer est une acte révolutionnaire ».
Nous demandons à la réalisatrice de commenter, une archive sonore familiale utilisée dans Belle de nuit qui nous a fait étonnement penser à Pour en finir avec le Jugement de Dieu (1947) d’Antonin Artaud, une pièce radiophonique interdite de longues années en France (jusqu’en 1973). Marie-Eve conclut la conversation en nous parlant de l’écriture de G. Réal et en nous invitant à la lire abondamment, passionnément.
Remerciements : médiathèque de Bavilliers, Gilles Barthélémy et Marie-Eve de Grave (notamment pour les photogrammes du film reçus par courriel suite à la projection).
Durant deux mois Radio charrette, un collectif installé à Nantes a pu bénéficier du dispositif « mon village un artiste » proposé par le Parc régional des ballons des Vosges pour mener un projet avec les habitants de Fresse. Initialement intitulée Radio sauvage, cette résidence d’artistes a donné lieu à une restitution publique dénommée « Fuga Mundi : spectacle phonographique à écouter et à arpenter… ». La Bibliothèque en vadrouille a pu assister à la Générale, le 4 novembre à 16 heures, en plein air… température fraiche, quelques gouttelettes de pluie. Nous avions pu déjà découvrir ce site étonnant de la Maison des Rondey à l’occasion d’une fête du goût organisée en 2015 (cf. Billet du présent blog réalisé à cette occasion avec Le cinéma voyageur), cette maison appartenait à un habitant du village qui de son vivant avait prévu par testament de la léguer à son décès, à la commune, à condition qu’y soient organisées des manifestations culturelles. C’est donc dans ce décor singulier de cette maison aux volets bleus à l’orée du bois que Mathilde, Simon et Bastien ont investi ce territoire à apprivoiser. Durant deux mois, ils ont travaillé pas à pas, rencontrant quelques habitants (Louise, Jean-Marie, des chasseurs) au gré de leur installation dans le village, passant très vite du statut d’étranger à celui de voisin, prêtant une oreille attentive et sensible aux récits de chacun.
Sentir l’énergie dégagée, arpenter les divers hameaux de la communes, Radio Charrette, fait en sorte intuitivement (tel un « envoyé spécial de l’insignifiant ») que chaque rencontre nourrisse l’écriture (Écriture du dehors et du dedans : la chasse, les oiseaux, les sources, la maison) et rejaillisse ensuite lors des diverses chroniques (proposées dans un lieu différent du village) plusieurs jeudis durant leur résidence.
Radio Charrette se définit comme une radio d’hyper proximité, on songe alors à ces mots de Peter Sloterdijk – in « Essai d’intoxication volontaire : entretien avec Carlos Oliveira », Hachette Littérature, 2001 :
« Même l’interaction la plus banale implique que nous participions aux constitutions de sphères. Sans cela, il n’y aurait pas de familles, pas de communautés de vie, pas de communes, pas d’équipe, pas de peuple; (…) il n’y a donc rien d’offensant lorsque je dis que nous sommes des radios vivantes, que nous pouvons nous caler sur des gammes d’ondes communes ».
Retrouvez un entretien réalisé à l’Espace multimédia gantner avec Mathilde et Simon, en deux parties : Genèse du collectif et du projet, la résidence en tant que telle (partie 1) et importance de la documentation – lectures dans le processus de travail (partie 2).
Retrouvez d’autres ouvrages dédiées à la forêt dans les collections de la médiathèque intercommunale d’Auxelles-Haut (90), pôle thématique « Arbres, Foret et Bois» et dans les collections départementales : par exemple, ouvrage prêté à Radio charrette : Autres – Être sauvage de Rousseau à nos jours, publié par le Musée-Château d’Annecy en 2012. (Disponible à l’Espace multimédia gantner : Cote ADA ROU) –
Un workshop (FOREST) réalisé à l’école d’art de Dijon en 2015 abordait une thématique proche, voici un document produit par l’école contenant quelques pistes de réflexion.
Texte, photographies et entretien : Fabien Vélasquez
Remerciements : Association Radio Charrette : Mathilde, Bastien, Simon et Noël Claude, son Président. Violaine Pautrot (Parc régional des Ballons des Vosges), Eliane Cardot (Mairie de Fresse)
Légende : Présentation de la séance par Stéphanie Weiss , puis débat entre Julien Goetz, Gilles Barthélémy et le public.
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Julien Goetz est co-auteur du film « une contre-histoire de l’internet » avec Jean-Marc Manach et Sylvain Bergère (réalisateur). Il a pris quelques instants après le débat pour répondre aux questions de La bibliothèque en vadrouille. Nous l’interrogeons d’abord sur les séquences qui mettent en scène des activistes tels Telecomix ou encore le groupe de hackers du Chaos Computer Club (CCC). Nous lui demandons ensuite d’évoquer le rôle des artistes dans cette contre-histoire de l’internet et notamment les artistes qui s’approprient les réseaux, comme terrain d’expérimentation et de jeux (Mediengruppe Bitnikou Timo Toots).
Pour compléter la présentation de Julien Goetz, on peut préciser qu’il est l’auteur d’une série documentaire en ligne intitulée Data Gueulediffusée depuis 2014 et promeut la lecture dans les espaces publics via par exemple le projet le liseur.
Bibliographie :
Légende : Quelques ouvrages du fonds documentaire de l’Espace multimédia gantner empruntés par la médiathèque de Bessoncourt pour sa table de livres éphémère.
Le réalisateur, Sylvain Bergère a signé également Google, la tyrannie du cool (2011) disponible dans le fonds documentaire de l’espace multimédia Gantner (cote SNT BER) et en ligne.
Presque jour pour jour, 21 ans après la fondation de l’association (1995) le cinéma et rien d’autre (1), le cinéma Le colisée de Montbéliard invitait Bertrand Tavernier pour une rencontre autour de son dernier film.
Véritable fresque, Voyage à travers le cinéma français est un film de 3 h 15 minutes qui balaie magistralement plusieurs périodes & figures : Jacques Beker, Jean Renoir, Jean Gabin, Edmond T. Gréville, Jean-Pierre Melville, Rome-Paris-Film, la musique et le son au cinéma (Maurice Jaubert)…
Après la projection, Bertrand Tavernier a répondu à de nombreuses questions parfois teintées de reproches (ou frustrations) (Vous n’avez pas traité de … Laroche, ….Clouzot, ….), méticuleux et sûr de sa démarche, il précise qu’il a imaginé et réalisé ce film tel un curieux éclectique papillonnant subjectivement dans une histoire du cinéma français après le Muet (2). Pour ce film, il lui a fallu revoir de nombreux films, échanger avec ses collaborateurs, négocier les droits et bâtir un récit fluide parsemé d’anecdotes savoureuses souvent drôles ou émouvantes.
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A l’issue du débat, La bibliothèque en vadrouille a tendu son micro pour recueillir une dédicace sonore. Bertrand Tavernier ne peut pas citer un seul film qui aurait été adapté de la littérature à l’écran, tout comme si on lui demandait de citer ses trois films préférés, il ne le ferait pas : « J’ai fait ce film pour ne pas répondre à cette question.» Grand lecteur (cf les chroniques sur son blog très fourni hébergé par la SACD), nous avions entendu récemment Tavernier citer à la radio, Travauxde Georges Navel, un livre dont il nous parle avec bonhomie. Découvert lors de la projection tardive du film documentaire «G. Navel ou la vie éveillée » (1991 – J-D Pillault), à l’écoute de la voix de cet homme, il a eu tout de suite très envie de le lire, s’est procuré le livre, puis a appréhendé avec avidité son œuvre. Michel Ragon dans son Histoire de la littérature prolétarienne en France (Albin Michel, 1974) cite Navel à 15 occasions et consacre deux pages à Travaux(p.245 et 246) : « l’un des plus beaux livres, l’un des plus émouvants, de la littérature ouvrière .» L’auteur de La mémoire des vaincus relève ce propos de Navel : «Il y a une tristesse ouvrière dont on ne guérit que par la participation politique. »
Nous demandons également à Bertrand Tavernier d’évoquer à nouveau Jean-Pierre Melville qualifié de « très bon liseur », sachant découper à merveille les ouvrages qu’il souhaitait adapter (quelques exemples : Léon Morin Prêtre, Le silence de la mer, L’armée des ombres). Enfin, Bertrand Tavernier nous confirme que la séquence avec T. Frémaux a été tournée dans la bibliothèque de l’Institut Lumière (Raymond Chirat) à Lyon, qui rouvrira bientôt.
Écoutez, l’une de ses réponses durant le débat, un moment où il revient sur sa passion pour Edmond T. Gréville :
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A noter que les deux prochains Flashback du 6 novembre (15h50 et 18h) ont été programmés par Bertrand Tavernier : « La fin du jour » et « Voici le temps des assassins » de Julien Duvivier.
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(1) Il est en quelque sorte le parrain de l’association puisque le nom fut choisi en hommage à La Vie et rien d’autre, sorti en 1989.
Le bar atteint invitait vendredi 21 octobre Noël Tamini. Un homme aux activités multiples : traducteur, coureur de fond, écrivain, fondateur de revue (Spiridon),… chercheur et curieux, comme la revue éponyme fondée en 1864, c’est un authentique « touche à tout » qui a bien voulu se prêter au jeu de l’entretien et a répondu à quelques questions de La Bibliothèque en vadrouille.
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Noël partage sa vie entre la Suisse, la Roumanie et l’Éthiopie. Il continue activement à militer pour la course hors stade. Il est l’un des protagonistes du film de Pierre Morat, Free to run.
A l’occasion des Journées de l’Architecture organisées depuis le 30 septembre et jusqu’au 4 novembre, la Bibliothèque Humaniste en plein chantier proposait une visite des travaux entamés en 2014 suivie d’une conférence de l’architecte R. Ricciotti.
Très décontracté et parfois désinvolte, l’architecte de l’emblématique Mucem s’est exprimé une petite heure commentant « à la volée » plusieurs de ses réalisations qui défilaient dans un diaporama projeté en grand écran. Diaporama au cours duquel, nous avons découvert deux projets directement inspiré(s) ou réalisé(s) avec des artistes : La Maison de l’emploi de Saint-Etienne dont la façade est un hommage à Claude Viallat et l’Espace culturel et social Aimé Césaire de Gennevilliers dont les peintures intérieures ont été réalisées par Hervé di Rosa.
Comme vous l’entendrez dans le court entretien audio ci-dessous, ce long compagnonnage avec l’art contemporain semble s’être quelque peu érodé …
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Le projet proposé pour la Bibliothèque Humaniste s’intègre dans un chantier plus global de piétonisation du secteur et s’inscrit pour la première fois dans un contexte patrimonial. En effet, l’architecte né en 1952 à Kouba (Algérie) a déjà conçu, dessiné et construit plusieurs médiathèques, à Caen-la-Mer ou Colomiers par exemple.
Légende : Christophe Amann (Thales Architecture) accompagné de Frédéric Fender et de Demathieu Bard, Conducteur Principal de travaux. C. Amann interviewé par TV2com.
En début d’après-midi, nous avions pu arpenter le chantier en compagnie de trois corporations (architecte, chef de chantier et maçon), une visite instructive qui a permis de découvrir les futures réserves de la bibliothèque enfouies en sous-sol dans un espace creusé sous la halle aux blés.
Légendes : l’intérieur de la hall aux blés en rénovation, Light art, installation éphémère et vue de l’extension en construction, les piliers.
Écoutez un moment de la visite « in situ » :
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La Bibliothèque Humaniste a édité une élégante brochure trilingue de 42 pages intitulée « Vers la nouvelle Bibliothèque Humaniste » qui rappelle le processus entrepris depuis l’inscription au registre UNESCO de la mémoire de monde le 26 mai 2011.
Bibliographie
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Retrouvez deux ouvrages (1) et (2) de Ricciotti dans le fonds documentaire de la médiathèque, ainsi que les deux articles parus dans POLY en 2013 : Black Beton et mistral rouge de Thomas Flagel (p. 20 21) in Poly 158 et en 2016 : A livre ouvert de Emmanuel Dosda (p. 80-81) in Poly 188.
On peut mentionner également l’article de Laurent Naas, directeur de la Bibliothèque Humaniste paru dans le Bulletin des bibliothèques de France, numéro 79, juin 2015 : « Vers la nouvelle bibliothèque humaniste« .
Pour approfondir et découvrir d’autres contenus, pour celles et ceux qui ont pu à certains égards, être « déstabilisés » par la conférence sélestadienne, nous vous proposons d’écouter plusieurs conférences en ligne :
Remerciements : Équipe de la Bibliothèque Humaniste, les trois guides sur le chantier, R. Ricciotti et Jean-Claude Le Louarn (lecteur de la médiathèque, pour les compléments d’informations en ligne ci-dessus).
A l’occasion des événements proposés dans la programmation de l’exposition OOL – Sound Fictions(visible jusqu’au 13 novembre 2016) à la Kunsthalle de Mulhouse, nous avons rencontré David Jisse à l’issue de sa lecture-performance en hommage à Luc Ferrari.
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Nous lui avons demandé comment s’était forgé son compagnonnage avec Luc Ferrari, rencontré dans les années 70. Sa lecture est un hommage à cette longue amitié qu’il cultive par delà le décès du compositeur, en 2005.
Il commente le dispositif utilisé pour cette lecture et notamment les fragments choisis dans les écrits de Luc Ferrari, de petites fiches colorées où le texte imprimé est collé et annoté au crayon à papier, qui ont parfois l’allure des partitions. David Jisse a longtemps participé à Euphonia et Le Rythme et la Raison, deux programmes diffusés sur France Culture, il a ensuite tenu une chronique (electrain de nuit) sur France Musiques jusqu’en 2014. Il contribue aujourd’hui avec d’autres, à l’aventure de Futurs composés, réseau national de la création musicale.
Cette soirée présentée par Anne-Laure Chamboissier, co-commissaire de l’exposition s’est poursuivie par un entretien radiophonique sur le vif, réalisé par de jeunes journalistes de radio MNE et des questions de l’assistance. Nous avons pu lui demander dans le bruit de fond du rangement et démontage de la table installée pour sa lecture, quel était le morceau qu’il recommanderait pour découvrir Luc Ferrari. Il s’agit de Presque rien. Découvrez de la documentation sur cette pièce sur le site de l‘INA (1977).
L’exposition laisse bien entendu une large place au son, propose aussi un espace documentation conçu avec une partie du fonds documentaire de l’Espace multimédia gantner.
–Les grandes répétitions / Patris, Gérard, Monteur; Ferrari, Luc, Monteur. – K.Films, cop. 2000. – 2 DVD vidéo (4 h 16 min.): 16/9, coul. (PAL), son. (Dolby digital).
–Chronopolis / Kamler, Piotr, Monteur; Ferrari, Luc, Compositeur. – Les Productions du Cirque, 1988. – 1 DVD vidéo (52 min.): coul
Lettres
-Tacet, 4. Sonorités de l’utopie [texte imprimé] / Saladin, Matthieu , Directeur de publication, rédacteur en chef; Cardew, Cornelius; Ballard, James Graham; Bonnet, François-Jacques; Meursault, Pali; Flynt, Henry; Ferrari, Luc; Broccolichi, Pascal, Auteur. – Mulhouse : Editions météo, 2015. – 1 vol. (555 p.): ill., mus.; 23 cm. Notamment : Luc Ferrari, Correspondance avec Pierre Schaeffer (3 lettres)-
ISBN 978-2-84066-777-3
Et bien sûr, de nombreux CD.
« Quand on pose une note sur un bout de papier, on n’a aucune notion de la réalité. Il y a une telle distance entre le moment où on pose sa note et le moment où on l’entend six mois ou un an après qu’on perd la notion du concret. Et ce qu’il y a de formidable avec le concret, qui est le phénomène de la musique concrète, c’est que le moment où on pose sa note, on l’entend, et le moment où on pousse le bouton, ça sort des haut-parleurs, ça c’est fantastique. C’est une chose qui n’est jamais arrivée, jamais ! Jamais dans le domaine musical et dans le domaine de la création sonore, un phénomène pareil est arrivé avant nous. On était les premiers à faire ça. On pousse un bouton et le son arrive. Imagine Mozart ! » Luc Ferrari.
Texte, photographies et entretien : Fabien Vélasquez
Remerciements : L’équipe de la Kunsthalle et David Jisse.
Invité par IDEE à donner une conférence sur l’histoire du temps libre, Antoine Prost a bien voulu prendre quelques minutes après sa communication pour répondre à quelques questions de La Bibliothèque en vadrouille.
Installé près du portrait du général Lecourbe, celui qui en naquit en 1933 dans « le même pays » où étudia ce général, a débuté son exposé en citant F. Buisson : « ceux qui possèdent sans travailler et ceux qui travaillent sans posséder » et a immédiatement rappelé que l’histoire du temps libre et des loisirs était la conséquence de l’évolution de l’organisation sociale du temps. Adoptant un plan chronologique, il a dressé, statistiques à l’appui, les différentes étapes vers l’accélération de la prise en compte du temps libre dans la vie des individus entre 1900 et aujourd’hui (de belle époque à nos jours).
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Nous avons souhaité débuter l’entretien en lui demandant d’évoquer la figure de Jean Zay puisqu’il a préfacé Souvenirs et solitudeparu aux éditions Belin en 2010, ouvrage qu’il a bien voulu dédicacer en inscrivant le texte suivant : « Aux lecteurs : ce livre admirable d’un ministre qui aurait pu être écrivain ». Pour lui, Zay était un ministre jeune et moderne qui a profondément marqué la France de 1936 en adoptant des réformes décisives. Nous lui demandons ensuite de revenir sur la date de 1962 et la parution d’un texte important dans le sujet traité : Vers une civilisation du loisir ?de Joffre Dumazedier. Un ouvrage repris en partie dans une version intitulée L’univers des loisirs en 1990 (ouvrage disponible à la médiathèque-site de Belfort : cote 790.1 U-USU.
Enfin Antoine Prost commente le mot travail et son glissement progressif vers son acception salariale qui lui ôte une part de sa valeur symbolique et noble (labeur). Il cite une étude de linguistique parue en 1985 qui accomplit un important travail d’analyse de motions issues de corpus syndicalistes et politiques. Enfin nous lui demandons de nous citer un pédagogue, que l’on pourrait relire sans hésiter : c’est Jules Ferry et les discours de députés et sénateurs de 1880.
L’assistance a pu profiter d’une riche table de livres proposée par La marmite à mots avec plusieurs ouvrages de Mr Prost. Si Mr Prost est surtout connu pour ses travaux sur l’histoire de l’éducation, ceux-ci n’ont pas toujours été bien reçus par le corps enseignant (lire à cet égard ce billet de Médiapart paru en mai 2016) confronté à une réalité bien éloignée de la théorie et la pensée sur ce domaine, parfois trop abstraite. Le débat a le mérite d’exister et illustre le fait que réfléchir et transformer une institution n’est pas chose aisée . Quoi qu’il en soit, on ne peut que saluer l’érudition et la curiosité toujours à l’œuvre exercée par un intellectuel pour qui l’éducation et l‘histoire sociale sont des matières vivantes. Antoine Prost a ce soir su partager son enthousiasme et sa passion méticuleuse. Sa conclusion pointait le constat suivant : le loisir est de plus en plus éclaté et de moins en moins collectif, on observe des phénomènes de désynchronisation à l’intérieur des ménages.
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Bibliographie : ouvrages d’Antoine Prost
4 documents disponibles à la médiathèque départementale
16 documents disponibles à la BM
Texte, photographies et entretien : Fabien Vélasquez
Remerciements : Antoine Prost et IDEE.
La 4ème édition de Tirage limité, Rencontres romandes du livre d’artiste se tenait au Palais de Rumine. Avec le Québec invité d’honneur, la journée était placée sous la bannière éclatante de « Vive le Québec Livre ! » Les artistes invités de Suisse romande et France voisine, ont eux aussi apporté leur idées foisonnantes et un savoir faire minutieux, parfois très innovant.
Une déambulation haute en couleur, curieuse et riche en découvertes. Quatre stations que voici :
Légende : Un stand dans le Palais de Rumine et la table ronde Territoire du livre, du 30/09 présentée par Silvio Corsini
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Silvio Corsini, conservateur des livres précieux de la Bibliothèque Cantonale et Universitaire de Lausanne et président de l’association Tirage limité nous a accordés quelques minutes au cours desquelles, il a tracé un rapide historique de cette manifestation triennale. Pour lui, il n’est pas concevable de mettre des livres en vitrine, préférant la forme ouverte et dynamique de l’événement, il qualifie Tirage limité de « one shot » effervescent, où les livres sont accessibles et manipulables par le public durant une journée gratuite. Pour lui, le livre d’artiste, de peintre ou plus contemporain échappe totalement du marché de l’art, il est souvent réalisé entre amis et conserve ainsi une fraicheur et une vitalité, que l’on perçoit aisément en déambulant dans les divers stands installés dans les couloirs du Palais de Rumine.
Silvio Corsini poursuit la discussion, en évoquant un métier important dans la découverte et la diffusion des livres d’artistes auprès des institutions : celui de colporteur, en citant l’exemple de Robert Subtil, installé aujourd’hui dans le Trièves.
L’entretien se termine par l’évocation d’un livre dont la BCUL conserve un exemplaire unique : le dernier ouvrage d’Aimé Maeght réalisé au début des années 80 avec le peintre hongrois François Fiedler, il s’agit de L’Évangile selon saint Matthieu. L’impression de l’ouvrage n’ayant pu aboutir en raison du décès d’Aimé Maeght en 1981. Lire à ce sujet l’article que Silvio Corsini a rédigé en 1996 dans le tome 39 de la Revue de la Société Suisse des Bibliophiles, accessible en ligne ou en pdf.
Nous rencontrons ensuite Alain Wenker, un passionné, membre de l’association Encre & plomb, basée à Chavannes-près-Renens, venu avec d’autres bénévoles, réaliser des démonstrations de composition manuelle sur la célèbre presse Johannisberg du XIX° siècle.
Alain revient sur la naissance de cette association dans les années 80 et évoque sa formation à la fin des années 60, à Paris, à l’École Estienne. Durant ses études, il a eu l’occasion de voir le Psautier dit de Saint Louis. Il évolua ensuite en tant que directeur technique adjoint des Imprimeries Réunies de Lausannequi ont fonctionné sous cette dénomination de 1982 à 2015. Durant ses années dans cette entreprise, il a eu la chance de participer à l’aventure Skira, le premier éditeur à avoir introduit la couleur dans les reproductions de livres d’art : riche période d’innovation et d’expérimentation dans l’édition dont il se souvient avec bonhomie.
Nous rencontrons ensuite Simon Bossé, le fondateur des éditions Mille putois au Québec. Simon nous dit quelques mots sur le projet DISTROBOTO, « un réseau de machines distributrices de cigarettes qui vendent maintenant de l’art (plutôt que des cigarettes). On y retrouve de petits livres, des bandes dessinées, des mini-CD-Rs (musique ou film), des objets d’art et beaucoup d’autres surprises. Le projet est à but non lucratif. Chaque œuvre est vendue 2,00$ et tous les profits sont remis à l’artiste (1,75$ pour chaque vente). » Une de ces machines est installée en France, à la fanzinothèque de Poitiers. Simon a apporté avec lui plusieurs exemplaires de l’Atlas sérigraphique montréalais, une publication monumentale regroupant le travail de 19 affichistes canadiens, tous et toutes réunis dans cet ouvrage relié où les affiches sérigraphies aux couleurs psychédéliques semblent sortir de la page, tellement leur éclat est vif et lumineux !
Lors d’un précédent passage en Suisse, en 1993, Simon décida de rendre visite à Christian Humbert-Droz, le fondateur des Editions Drozophile … une rencontre fondamentale pour le jeune apprenti sérigraphe.
Nous rencontrons ensuite Danièle Blouin, artiste, historienne de l’art passionnée par l’édition. En 2001, elle a publié aux éditions Fides, une étude de référence : « Le livre délinquant : Les livres d’artistes comme expériences limites». Danielle cite deux ouvrages qu’elle considère comme clé dans l’histoire de l’édition au Canada : 1931, avec le Metropolitan Museum: un poème de Robert Choquette illustré par Edwin H. Holgate et 1953, avec Images apprivoisées de Roland Giguère publié aux fameuses éditions ERTA. Danielle a tenu à inviter des artistes emblématiques de la vitalité de la scène québécoise : d’où la présence d’artistes comme Pascaline Knight, Isabelle Ayotte, Guylaine Couture, Jacques Fournier ou Simon Bossé. Nous profitons de ce temps d’échange très fluide avec Danielle pour lui demander le nom d’un-e artiste québecoise explorant le champ du numérique : elle cite spontanément Judith Poirier (Découvrez par exemple, le projet La chose impriméeinitié en 2010) – dont les questionnements ne sont pas éloignés de ceux traités dans une récente exposition présentée au Mudac de Lausanne (de mars à août 2016) : Qu’en lira-t-on ?.
Notre déambulation nous a conduit à nous arrêter sur quelques stands, comme celui des éditions A l’Envers, très fières d’avoir remporté le prix de la fondation Engelberts avec l’ouvrage très simple d’Olivier Lovey, Puissance Foudre. Juste avant de remettre le prix (le 30 octobre, lors de la pré-ouverture de la manifestation) aux éditeurs, l’auteur étant absent, Monsieur Engelberts a tenu à dédier cette cérémonie à son père qui fort de son amitié avec Georges Braque depuis 1957 put contribuer à la réalisation du célèbre Lettera amorosa, que le peintre réalisa en 1963 avec René Char.
Un second prix, remis par la BCUL a été attribué à Monica Lombardi, qui avait déjà obtenu cette distinction lors de la seconde édition de Tirage Limité en 2010. Son travail tout comme celui de dix autres artistes, a pu être présenté dans l’espace baptisé UNICA ! mis en scène et commissarié par Zivo.
Nous avons pu échanger un moment avec Izet Sheshivari, fondateur des éditions Boabooks, basées à Genève, dont le catalogue exigeant fait la part belle aux artistes conceptuels : Carrión, Hiller, Mosset ou Watier.
Parmi, les invités étaient présentes les éditions jurassiennes Du Goudron et des plumesauxquelles la bibliothèque en vadrouille avait déjà consacré un billet à l’occasion de leur exposition à l’artothèque de Montbéliard en septembre 2015 : le réécouter ici.
Légende : Rues de Lausanne, une boite électrique aux couleurs de Dubuffet indiquant le chemin de la Collection de l’Art Brut et une boite à livres près d’une cabine téléphonique
A noter également, à signaler, à flécher : trois autres billets sur des sujets liés à l’édition à tirage limité et à l’édition de livres d’artistes :
Une étagère thématique en ligne (étagère virtuelle) recense les livres d’artistes et livres objet de l’Espace multimédia gantner, à consulter sur le catalogue en ligne de la médiathèque.
0 Texte, photographie et entretien : Fabien Vélasquez Relecture : Josiane Bataillard
Remerciements à toutes les personnes rencontrées et à tous les artistes présents, amis ou inconnus avant cette journée.