Auteur/autrice : fabien

  • La bibliothèque in situ n°40

    Date : 6 et 7 avril 2018

    Lieu : EMG

    TERRE / MER / SIGNAUX

    Poursuite du projet EUCIDA, avec une nouvelle exposition qui a ouvert à Bourogne le 7 avril dernier sous le commissariat de Nora o Murchu, designeuse irlandaise.

    Dans cette vidéo (une captation de novembre 2016), on découvre que Nora est véritablement une digital native, elle commente plusieurs images emblématiques de la culture et du folklore numérique : selfies, tweets, …

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    Pour l’exposition TERRE / MER / SIGNAUX, elle a réuni 5 artistes de générations différentes qui chacun à leur manière, participe à la réflexion autour de l’infrastructure d’Internet en interrogeant divers paramètres (logistique, rapport au temps, rapports humains, environnement, …), supports de flux de données.

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    Trois d’entre eux (sur cinq au total) étaient présents à Bourogne durant le montage d’exposition. Nous en avons profité pour les rencontrer et leur demander de nous dire quelques mots sur leur travail. Deux courts échanges en anglais avec Alan Butler et Santa France et un entretien-fleuve (27 minutes) avec Gregory Chatonsky, en français, structurent ce 40ème épisode de La Bibliothèque in situ.

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    Alan Butler, artiste et enseignant

    Passionné de jeux vidéo, ce dernier a décidé d’exploré Los santos, une ville fictive qui sert de cadre à Grand Theft Auto 5. Associant 10 000 clichés (copies d’écran du jeu) qui jonchent le sol, un téléviseur projetant les clichés et une projection des mots-clés générés par un algorithme, « We can look & understand it without knowing what ACTUALLY is », l’installation proposée, plonge le visiteur dans un dédale d’images où le regard porté sur des sans-abris saisis dans des décors dégradés du jeu exploré, donne une dimension sociologique (ethnologique ?) à l’œuvre.

    Alan a bien voulu nous décrire sa pièce.  Écoutons-le :
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    Profitant de son activité d’enseignant-théoricien, nous demandons à Alan, un conseil de lecture, il nous cite « Psychopolitique : Le Néolibéralisme et les nouvelles techniques de pouvoir », un ouvrage du penseur allemand d’origine coréenne Byung-Chul Han.

    NB : Dans la nuée : réflexions sur le numérique [texte imprimé] / Han, Byung-Chul, Auteur; Dumont, Matthieu, Traducteur. – Arles : Actes Sud, 2015. – 1 vol. (101 p.); 22 cm. – (Questions de société) . ISBN 978-2-330-03913-4 : Un de ses autres ouvrages, disponible à la médiathèque de Delle : cote 302.2 HAN

    Il choisit aussi, un cd dans la médiathèque : A Chance to Cut Is a Chance to Cure (2000) de MATMOS.

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    « A Matter of respiration »

    Seconde halte en compagnie de Santa France, une jeune artiste lettonne qui propose « A Matter of respiration », une installation composée de trois écrans plats à cristaux liquides diversement agencés : le premier accroché sur une cimaise de manière classique, le second posé au sol et le troisième penché, de biais sur une autre cimaise. Un triptyque qui constitue une forme de tableau vivant où le végétal relie  un ensemble parsemé d’objets hétéroclites (flacon, morceaux de charbons, citron coupé, clous de girofle, sachet de thé, tube, bougie, matière animée,…) Cette pièce dont l’accrochage chamboule l’habitude du visiteur, le pousse à observer méticuleusement ces étranges formes colorées dont certaines s’animent et semblent en effet respirer. Santa France commente ce dispositif :

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    Comme Alan, elle nous recommande une lecture et un disque : Wasting Time on the Internet de Kenneth Goldsmith dont deux ouvrages viennent de paraître aux éditions Jean Boite.

    Elle choisit un disque un peu par hasard, dans le fonds documentaire : il s’agit de Extreme Music From Russia de William Bennett : écoutez ici .

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    Le méta-projet et l’imagination artificielle

     

    Gregory Chatonsky a comme ses acolytes tenu à prendre un moment pour décrire sa pièce, méta-projet comprenant des pièces réalisées en 2014, 2017 et 2018. Une salle qui permet au visiteur d’appréhender la notion d’imagination artificielle, qu’il tente d’expliquer en l’opposant à celle d’intelligence artificielle, considérée comme pouvant potentiellement appauvrir la pensée. Visite et conversation à bâtons rompus avec un artiste dont le travail questionne les interactions entre esthétique et numérique depuis plusieurs années.
    Balade dans Ossuaires, Neural network landscape et Extinct, une installation composée de trois modules qui communiquent via divers médiums (installation, vidéo, sculpture et écriture) :

    Gregory a pris également un long moment pour se prêter à un jeu, consistant à réagir à certains documents prélevés dans la médiathèque de l’EMG, autant de références qui jalonnent son parcours de jeune étudiant à l’artiste chercheur qu’il est aujourd’hui. Il est en effet depuis 2017, chercheur associé à l’École Normale Supérieure et co-anime Postdigital, un séminaire, où de nombreux chercheurs se sont exprimés. Il cite également dans la seconde partie de cet entretien, des artistes : le duo Estrid Lutz & Emile Mold et Jonas Lund, dont les travaux traitent des représentations symbolique et fonctionnelle de la technique.

     

    Écoutez : La bibliothèque idéale que découvre G. Chatonsky :

    Partie 1 :

    Partie 2 :

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    Les deux autres artistes de l’exposition que nous n’avons pas rencontrés sont : John Gerrard (Flag Danube) et Nicolas Sassoon (RGB landscape).

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    Bonus : Lors du vernissage, le duo THE FINE ART COLLECTION, invité au 19 dans une exposition visible du 03/02 au 15/04, a découvert un ouvrage de la réserve :

    Bonan tagon! : Mia nomo estas Parzival [texte imprimé]. – Bienne [Suisse] : Haus am Gern, 2017. – 467 p.: ill. en coul.; 30 x 20 cm+ 1 cahier d’apprentissage de l’Esperanto de 148 p.. – 97863695241926764 .

    S’intéressant à l’espéranto, ce monstre-livre sur PARZIVAL ne pouvait qu’attirer leur curiosité…

    Textes et entretien : Fabien Vélasquez

    Photographies : Samuel Carnovalli et Eduards Medvedevs.

    Remerciements : aux artistes présents.

  • La bibliothèque en vadrouille n° 120

    Date : 17, 18 et 19 mars 2018

    Lieu(x) : Paris en zigzags

     

     

    Un week end parisien riche en découvertes et autres déambulations livresques…

     

    Halte # 1 : Livre Paris 2018, 17/03/2018 entre 14h30 et 18h

     

    Dans les multiples stands de ce salon immense et labyrinthique, trois trouvailles :

     

    • Éditions T. Marchaisse dont la médiathèque possédait déjà le premier opus de la trilogie : Dictionnaire des mots… a) manquants, b) en trop, c) parfaits (à paraître)

     

    • Pavillon Hollandais : des illustrateurs-sérigraphistes en pleine activité.

    Plusieurs illustrateurs des Pays-Bas réalisaient des sérigraphies que le public pouvait emporter (un exemplaire par visiteur !). Nous avons ainsi fait la connaissance de deux illustrateurs présents sur le stand : WIDE et Robert Van Raffe.

    A noter, la petite brochure 10 graphic novelists from Holland (25 pages) publiée par la Dutch Fondation for Literature.

     

    • Éditions Buchet-Chastel

     

    Nous faisons un saut sur le stand de cette maison d’édition fondée en 1936 pour saluer Anne Luthaud (invitée en résidence à l’EMG en mai 2017, cf ce compte-rendu) ; en même temps que son nouveau livre, nous découvrons le dernier ouvrage de Cyrille Martinez, La bibliothèque noire, qui intéressera forcement tout bibliothécaire…

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    Halte # 2 : L’autre salon, Palais de la femme, 18/03/2018, 12h30 à 13h45

    Dans ce bâtiment étonnant (inscrit aux Monuments historiques en 2003), nous avons pu découvrir plusieurs petits éditeurs :

     

     

    • Les éditions Grands champs, avec de très beaux livres dont cette réédition de l’un des livres en O de Robert Morel , éditeur mythique de livres singuliers.

     

    • La revue Papier Machine, nous vous proposons l’écoute d’un entretien avec Valentine Bonomo, l’une des oeuvrières de cette entreprise.

     

    Une revue qui explore un mot sous diverses facettes, déjà 7 numéros parus. Le petit prospectus distribué sur le stand détourne l’esthétique des flyers de marabouts.

    Un entretien à la volée qui permet de mieux découvrir cette publication iconoclaste.

    Écoutez  :

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    Halte # 3 : Festival Hors Limites : Rencontre avec Michèle Audin, St Denis, 18/03/2018, 15h

    Tout autour de la Commune

    En ce dimanche matin, les hasards d’une marche dans le 10e arrondissement près du Canal St Martin nous conduisent à pénétrer dans la librairie des nouveautés, ouverte, dans laquelle nous trouvons la jolie brochure du festival littéraire Hors Limites… à la page 34, est annoncée une rencontre au Musée d’art et d’histoire de St Denis à 15h … Une occasion se présente de découvrir des collections rares rassemblant divers objets témoignant de l’Histoire de la Commune de Paris, dont une série de clichés précieux de Bruno Braquehais, seul photographe professionnel resté à Paris durant l’état de siège, au printemps 1871. Une mise en voix originale d’extraits de Comme une rivière bleue était proposée par des lectrices de la médiathèque de St Denis. Une rencontre avec l’auteure Michèle Audin a suivi dans l’une des salles du musée, non loin d’un flamboyant drapeau d’époque exposé dans une vitrine et tout récemment restauré… drapeau qui se trouve être l’image de couverture du roman débattu. Un passionnant échange s’est tenu, Michèle Audin répondant avec verve, passion et humour aux questions d’un auditoire captif.

     

    Écoutez un passage de cette rencontre :

    Écoutez un moment de lecture :

     

     

    Halte # 4 : Carambolages tous azimuts, 19/03/2018, entre 10h et 13h

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    Légende : Aperçu d’une fresque dans le quartier avec un poème d’Yves Bonnefoy.

    Les déambulations dans les rues de Paris produisent parfois d’étonnants carambolages, pour employer l’expression de J-H Martin (cf. son exposition au Grand Palais, en 2016) : ainsi cette plaque de médecin usée par le temps dont le flocage semble évoquer Hepérile éclaté de Bryen, Villéglé et Hains (1951-1953).

    Lundi matin, avant de reprendre le train en gare de l’Est, halte dans le 5e arrondissement : pour récupérer quelques numéros de Traverses cédés par la bibliothèque de l’ENSAD
    Rue Soufflot ou l’écart absolu… découverte de PEDONE, un éditeur-libraire qui tient boutique dans le quartier depuis six générations (1837) … à quelques mètres de là, un magasin flambant neuf ouvert en novembre 2017, entièrement dédié à la vente de drones. Plus d’un siècle sépare ces deux magasins (et différents secteurs activités), voisins topographiques.

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    Légende : Above the world : un
    drone pose son regard sur notre Terre, teNeues, 2016

     

    Textes, photographies : Fabien Vélasquez

    Remerciements : Valentine B. , Festival Hors limites, Musée d’art et d’histoire de St Denis, Médiathèque Pleine Commune, Michèle Audin et toutes les personnes rencontrées en chemin.

    Légende : Corneille et son manteau de neige…

  • La bibliothèque in situ n°39

    Date : 22 février 2018
    Heure : entre 15h et 15h15

     

    Résidence BRUT POP / IHSEA

    Ce billet est dédié à Jack Ralite (maire communiste d’Aubervilliers de 1984 à 2003, une commune où l’expérimentation se pratique avec une forme d’audace prospective)

    Durant 3 jours, un groupe de jeunes venus d’Aubervilliers a découvert l’EMG lors d’une résidence en compagnie de Brut Pop : 5 jeunes (trois garçons et deux filles) accompagnés par un éducateur, une psychologue et une infirmière.

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    L’entretien réalisé avec François, Sébastien et Céline (psychologue) a permis de recueillir quelques impressions à la volée.
    L’IHSEA (Institut Hospitalier Soins-Études pour Adolescents) est un équipement singulier fondé en 2009 par le pédopsychiatre Yves-Claude Stavy.

    Le programme radiophonique Sur les docks [6 janvier 2015] a consacré un documentaire audio intitulé Sur Les Lieux de : Le soin-étude d’Aubervilliers qui décrit bien le fonctionnement de cet endroit bienveillant où des jeunes porteurs de troubles psychiques continuent à étudier tout en étant soignés.

    Le groupe de jeunes a pu bénéficier d’une première semaine de travail avec le collectif Brut Pop à la Toussaint 2017, avec le soutien de la Gaité lyrique.

    Résidence du 20 au 22 février…

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    En trois jours, les jeunes ont pu s’initier à des styles de musique divers, réfléchir à l’usage du téléphone portable et poursuivre la découverte du matériel déployé par les Brut pop. Pour Sébastien et François, c’est une véritable expérience du collectif qui fût vécue positivement par de multiples expériences (apprentissage de la musique électronique, improvisation et déplacement géographique – passage de la frontière Allemande).
    Des vagabonds efficaces attachants que nous remercions pour leur contribution à ce billet.
    Céline rappelle dans l’entretien les enjeux de cette résidence hors les murs.

    Elle nous livre aussi quelques précieux conseils et liens divers, complémentaires à l’écriture de ce billet : Bertuf, musicien qui crée des instruments « les idiotones« et des installations. Elle nous informe également de la parution du numéro 97 de La Cause du désir, dont le numéro de novembre est intitulé « Internet avec Lacan« .

    Écoutez l’entretien :

    L’entretien s’achève par l’évocation du livre Artselfie qui questionne une pratique numérique.

    Écoutez 3 séquences de création réalisées pendant la résidence :

    Liens vers d’autres billets du blog reliés :

    -La bibliothèque in situ n°27 : entretien avec Enzo Schott et Mariana Alba de Luna.

    -La bibliothèque in situ n° 4 : entretien avec les Brut Pop.

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    Remerciements : Céline, François, Sébastien et les Brut Pop.

  • La bibliothèque in situ n°38

    Date : 16 février 2018
    Heure : entre 11:30 et 12:00 et 14:10 et 14:30

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    Zoom sur ZOME

     

    Rencontre avec Erikm et Stéphane Cousot, en résidence à l’EMG pour leur projet ZOME.
    La bibliothèque in situ a profité de leur venue pour réaliser un entretien avec les deux artistes pour tenter d’établir des connexions entre leur travail et la médiathèque. Tentatives d’approches des coulisses de cette résidence en 5 séquences sonores. Zome sera présenté à Nancy lors de l’édition #34 de Musique Action.

    Flux vs Mémoire

    Erik et Stéphane ont d’abord pris un temps pour rencontrer l’équipe : discussion à bâtons rompus… pour cerner un projet qui associe sound map, web cam, données et questionne flux et réseau. Les deux artistes ont apprécié de pouvoir expérimenter des séquences de travail interrogeant les interactions « flux vs mémoire ». Un certain empirisme créatif qui, «  ici, maintenant et ailleurs », s’attache à capturer du vivant, sans forcément vouloir figer quoi que ce soit, où diffractions et accidents amènent le sens ailleurs, élaborant ainsi une forme de non-partition libre.

    Discussion à bâtons rompus #1 :

    Discussion à bâtons rompus #2 :

    Discussion à bâtons rompus #3 :

     

    Erikm travaille avec un système élaboré par Charles Bascou, chercheur en informatique musicale et membre de Gmem-CNCM-Marseille. Il travaille ponctuellement avec Stéphane depuis 2007.

    La conversation se poursuit par un entretien dans la médiathèque, où le duo approfondit la présentation de la matinée …

    Présentation en quelques mots des activités de chacun. Stéphane évoque au début de l’entretien, le labo Locus Sonus et Erik revient en quelques mots sur l’exposition présentée à Marseille et Bourogne en 2010.

    Peut-on à propos de Zome, employer les termes de flux et de glitch pour le qualifier ?

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    Pour ce projet baptisé ZOME, Erik et Stéphane puisent dans les travaux de l’architecte américain Buckminster Fuller (1895-1993), touche-à-tout inclassable et insatiable curieux. Nous leur montrons le catalogue de l’exposition tenue en 2008 au Witney Museum, celui-ci résonne bien évidemment pour eux et les dessins et reproductions qu’ils y trouvent, ne sont pas sans évoquer certaines formes appréhendées dans leur labo, au cœur du dispositif d’expérimentation installé à l’étage de l’EMG.

    A propos de Structure

    Quelques propos de Buckminster Fuller prélevés  dans « Conceptualité des structures fondamentales », texte paru en français, en 1967 dans l’opus « La structure dans les arts et les sciences », l’un des six volumes de la Bibliothèque de Synthèses dirigée par Gyorgy KEPES.

    « Schémas d’association stellaire, par inhérence régénératrice, de phénomène d’énergie » (…) il poursuit : « Toutes les formes jouant dans l’univers aboutissent à une progression complexe d’arrangements tout à fait commodes (c’est-à-dire l’effort minimum) dans lesquelles les macro-medio-micro phénomènes d’étoiles sont rassemblés ça et là comme des schémas localement régénérateurs. (…) « La structure n’est pas une chose, elle n’est pas solide. »

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    Conseils de lecture

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    Nous profitons de leur présence pour leur demander un conseil de lecture à chacun. Stéphane cite l’ouvrage (épuisé) de Cathy Lane et Angus Carlyle sur le field recording, paru en 2013 aux éditions Little Toller. Erik, propose Musiques dans les spasmes, le dernier livre consacré à Luc Ferrari (avec lequel il a travaillé) paru aux presses du réel en février 2017 et notamment l’entretien avec François Bernard-Mâche. Stéphane, membre depuis 2011 du laboratoire Locus Sonus rattaché à l’école d’art d’Aix-en-Provence, évoque également le site et projet NOCINEMA, ouvert à l’initiative de Jérôme Joy.

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    « Nocinema.org est une application en ligne rassemblant plusieurs auteurs audio provenant de la France du Canada et du Japon : Dinah Bird, Christophe Charles, Yannick Dauby, Jérôme Joy, Luc Kerléo, Alain Michon, Chantal Dumas, Emmanuelle Gibello, Jocelyn Robert, Magali Babin (…)

    Légende : Erikm le 18/02 lors de son concert à l’Espace multimédia gantner.

    Le catalogue de la discothèque comporte plus de 20 entrées Erikm,
    grâce à la dizaine de dons reçus du musicien après son concert. Merci!

     

    Remerciements : Erikm et Stéphane Cousot.

    Textes, photographies et entretiens : Fabien Vélasquez

  • La bibliothèque in situ n° 37

    Date : 7 février 2018

    Heure : entre 12h15 et 14h40

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    Dans le cadre du Festival Momix, l’EMG recevait le bus du Grand Voyage, un projet de Judith Nab, une metteuse en scène hollandaise. Arrivé de Kingersheim, en fin d’après-midi le 6 février, le bus conduit par Olivier Beillevaire s’est installé sur le parking en face de l’école du village.

    Le Grand Voyage se présente comme un périple autour du monde effectué dans le bus, où le globe-trotter se voit muni d’un ticket pour embarquer « autour du monde en… 37 minutes (…) ». Un petit bus hyperréaliste à l’échelle des enfants a été construit à l’intérieur d’un grand bus de ville dont les fenêtres ont été transformées en écran vidéo. Les petits routards sont invités à entreprendre ensemble pour un surprenant voyage autour du monde en… 37 minutes, top chrono ! Ils ressentiront – comme en vrai –  le tremblement du bus, la tension et l’aventure des voyages ! « Va dans des contrées lointaines, de l’autre côté de la mer, où le soleil aveugle, où le vent nous soulève ! »

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    En ce froid mercredi, le public est rassemblé à l’intérieur de l’espace multimédia. 14h35 : il se dirige vers le bus, une enfant toque à la porte, le chauffeur descend les marches et accueille les voyageurs.

    Écoutez :

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    Une fois installé à l’intérieur, et dès les premiers vrombissements du bus (VROUM VROUM !), on ne peut pas s’empêcher de penser à ces mots recopiés dans Le livre fantaisie (Éditions Atlas, 1980 – coordination Pinin Carpi [1920-2004]), qui semblent idéalement décrire ce que l’on ressent : « vous allez vous trouver transportés dans tous les paysages possibles de toute la terre. Vous allez voyager, comme sur un tapis volant, dans le temps et l’espace. Vous allez revivre le passé et imaginer l’avenir : rêver, en somme. Rêver, ce qui est sans doute la plus agréable des occupations, mais aussi comprendre le monde dans lequel vous vivez, les gens qui vous entourent, ou ceux qui sont aux antipodes et que vous connaissez mal. »

     

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    Les langues et musiques s’entrecroisent (flamenco, jazz), le bus se transforme tour à tour en avion et en bateau pour traverser vaillamment tous les éléments géologiques (ciel, montagne et mer), c’est un véritable kaléidoscope sonore et visuel dans lequel le passager est plongé : immersion absolue au pays de la féérie. L’univers graphique est à la fois celui de Judith et de son père : Dirck Nab, dont les peintures font songer à Per Kirkeby et Ferdinand Hodler.

    « Une peinture n’est pas seulement un objet artisanal soumis aux modes passagères. Une vraie peinture est hors du temps. Et hors de l’idée de goût. Les « vraies » peintures sont étonnamment fuyantes par la forme aussi bien que par le style. » Ce propos de Kirkeby (né en 1938) ne serait probablement pas renié par le peintre hollandais Nab. Et pour continuer à filer la métaphore picturale avec un brin d’humour, peut-on dire que Nab est un peintre nabi ? bien qu’il ne soit pas contemporain de ce mouvement apparu vers 1888 ?

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    La bibliothèque in situ a donc profité d’un temps libre d’Olivier, le régisseur-chauffeur-comédien du Grand Voyage entre deux séances pour converser avec lui, il nous présente la compagnie de Judith et décrit le dispositif installé dans le bus. Comme avec chaque personne rencontrée, nous lui demandons, un conseil de lecture qui pourrait constituer un rebond ou un prolongement au projet qu’il est venu présenter : il nous parle du Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry, lecture enfantine par excellence dont l’univers poétique et philosophique convient bien au propos du Grand Voyage.

     

    Écoutez l’entretien :

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    Pour clore ce billet, il nous vient en tête d’autres ouvrages, où le moyen de transport est perçu comme moteur de souvenirs, ce qui semble être un élément déclencheur fondamental dans l’inspiration de Judith pour cette création. On songe tour à tour à l’écrivain belgo-argentin Cortázar, à l’historien Jablonka, petit-fils de polonais ou à la photographe alsacienne née en Algérie, Françoise Saur.

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    Bibliographie

    Légende : un ouvrage du fonds documentaire à consulter sur place : Vostell Fluxus Zug = [e. Vostell-Projekt d. Sekretariates fþr Gemeinsame Kulturarbeit in Nordrhein-Westfalen mit d. Städten Dortmund, Aachen, Mþlheim …] : das mobile Museum Vostell : 7 Environments þber Liebe, Tod, Arbeit [texte imprimé] / Vostell, Wolf; Schilling, Jurgen; Rau, Johannes. – [Berlin] : Verl. Frölich u. Kaufmann, 1981. – 159 p.: ill.; 31 cm.

     

    Légendes : câbles pour relier électriquement le bus à l’EMG et le bus qui s’apprête à repartir vers son abri de fortune…

    Texte, entretien et photographies : Fabien Vélasquez

    Remerciements : Olivier Beillevaire, Judith Nab

    Remerciements logistiques : Le Maire de Bourogne et Mr Bouchet, pour la mise à disposition d’un hangar pour abriter le bus retenu en Franche-Comté en raison des forts épisodes neigeux en Régions parisienne et Centre.

    Légende : quand un bus bleu manœuvre dans un hangar à la porte blanche, orange et rouge :
    un Mondrian (1872-1944) surgit…

  • La bibliothèque in situ n°36

    Dates : 17 novembre et 23 décembre 2017

     

    RYBN: le grand large ou l’écart absolu ?

    La bibliothèque in situ a rencontré les membres du collectif RYBN la veille du vernissage de leur exposition à l’Espace multimédia gantner. Derniers préparatifs et tris…

    Entretien réalisé dans la salle dite de L’enquête , l’un des quatre espaces de l’exposition The Great offshore pas encore ouverte. C’est avec une pensée d’Etiemble que débute l’entretien : « La presse m’oppresse ; l’imprimé m’opprime. Pour me rassurer, on m’affirme qu’elle agonise, la civilisation de l’écriture, la mienne ; que la radio, l’image diffusée, les bandes magnétiques, bref ce qu’on appelle les moyens audio-visuels, annoncent la fin des alphabets et des idéogrammes.» (in L’écriture, p 16 – Gallimard, coll. Idées 1973). Prétexte à l’évocation de la méthode de travail de ce collectif qui a conçu cette exposition après avoir lu le livre de Luc Boltanski : « Énigmes et complots : Une enquête à propos d’enquêtes ».

    Discussion à bâtons rompus avec le collectif et verre de l’amitié en fin de conversation (tchin tchin !)

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    Le 23 décembre, Michel Giroud, historien et théoricien des avant-gardes, éditeur et critique d’art (Membre AICA depuis 1975) a pu découvrir l’exposition. Entretien improvisé avec cet oralien dans cette même salle de L’enquête. Il revient pour la Bibliothèque in situ, sur la notion d’artivisme et commente cette salle où une vaste documentation a été rassemblée.

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    Se pose la question cruciale du rapport de l’art à la société et du risque d’instrumentalisation.
    En fin connaisseur des bouleversements artistiques, scientifiques et historiques en Europe au début du XX° siècle, Michel Giroud s’interroge sur l’ambigüité de l’artivisme (après avoir feuilleté l’ouvrage- synthèse de Stéphanie Lemoine paru aux éditions Alternatives, en 2010). Il convoque la notion d’assemblage et cite tour à tour des pionniers : Hausmann, Schwitters, Heartfied, Baader, … Un regard à l’écart absolu précieux pour recontextualiser la démarche du collectif RYBN, intervenant au carrefour de plusieurs champs de réflexion.

     

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    Le billet pour terminer emprunte un mot(*) de Jean Anglade (disparu le 22/11/2017) et constitue un clin d’œil insolite : «Quel temps merveilleux, celui où l’on pouvait prêter deux allumettes, une cuillerée d’huile, une pincée de sel ! Toujours scrupuleusement rendues… Aujourd’hui on emprunte des millions à la caisse d’épargne sans prononcer un mot, rien qu’en remplissant des formulaires. Comment veux-tu que les gens s’aiment ? »
    Le grand âge (102 ans), celui de la lucidité ?

    *: Le Figaro, 19 mars 2015.

    Texte, entretiens et photographies : Fabien Vélasquez

    Remerciements : RYBN et Michel Giroud

  • La bibliothèque en vadrouille n°119

    Lieu : Maison Farel, Bienne (Suisse)
    Date : 16 décembre 2017
    Heure : de 13:00 à 20:00

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    Petite foire biennoise du livre (4ème édition)

     

     

    La bibliothèque en vadrouille a souhaité traverser la frontière en cette fin d’année pour gagner la ville de Biel/Bienne où se tenait durant un week end, la petite foire du livre, où de nombreux éditeurs étaient présents. Retour au format zigzaguant pour appréhender la variété de ce salon et tenter de saisir l’esprit foisonnant de cette manifestation en 8 étapes (haltes).

     

    Halte 1 # Entretien avec Alexandre Grandjean (éditions Hélice Hélas)

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    Avec lui, nous faisons un peu d’archéologie, en remontant aux sources de cette maison d’édition fondée en 2011 (déjà 6 ans, bientôt l’âge de raison ?, sûrement pas dans la mesure où le catalogue s’affiche ouvertement « postmoderne, épique, baroque et punk »), puis avec Alexandre qui est également auteur chez H&H, nous nous arrêtons sur deux titres du catalogue : Gérimont et Le capitalisme à portée de main. Auparavant, nous avons également évoqué la future naissance de l’association des Amis de Pierre-Yves Lador, une figure de la vie littéraire suisse, ancien bibliothécaire, ex directeur des bibliothèques municipales de Lausanne, ayant particulièrement œuvré pour l’entrée des BD dans les fonds de médiathèques. Nous l’avions rencontré au salon du Livre de Genève, en 2016 : La BEV n° 72.

     

    Halte 2 # Entretien avec Roxane Bovet (édition CLINAMEN)

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    Seconde halte sur le stand des éditions Clinamen installées à Genève :

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    «Le CLINAMEN EST UNE DÉVIATION SPONTANÉE À L’ORIGINE DE LA CRÉATION DE MONDES ; un écart indéterminé et aléatoire, le changement de trajectoire d’un atome dont la course finira par la rencontre avec un autre atome. Du choc, de l’explosion naît un univers nouveau. » C’est ainsi que débute la page de présentation de cette petite maison d’édition qui œuvrent dans le champ de l’art contemporain. Née de la volonté et de l’envie de trois amis (Mélanie, Roxane et Lucas) d’expérimenter ensemble, cette association a produit plusieurs titres dont deux que Roxane nous présente : L’âge des techniciens (Lauren Huret & Pacôme Thiellement) et la collection Bliss, un singulier projet de Ceel Mogami de Haas .

     

    Halte 3 #  Les éditions Torticolis Frères, Tristan Donzé (fondateur et auteur) et Denise Muths (auteure)

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    Implantée à La Tchaux, cette joyeuse maison d’édition n’est pas sans parenté avec la loufoquerie de son ainée Plonk & Replonk. Offert sur leur stand, leur catalogue mal façonné, et pourtant diablement drôlatique, nous dévoile l’état d’esprit de cette maison d’édition atypique, qualifiée par Vigousse de « ça ne ressemble à rien de connu. » Sérieusement formidable (tchin tchin!), c’est un entretien spontané qui s’engage avec Tristan et Denise

     

    Halte 4 # Barbara Meyer Cesta, Parzival (Monsieur le vert), le gouvernement mondial de la Paix et les éditions Haus am Germ

    Nous discutons avec Barbara, l’une des fondatrices des éditions Haus am Germ. Elle commente la monographie parue récemment  autour des activités multiples de l’artiste outsider PARZIVAL.

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    Ce dernier prolonge l’entretien en décrivant l’ouvrage présenté à Bienne, notamment les leçons d’esperanto réunies dans un cahier spécial, proposé dans l’imposant coffret (616 pages / 3705 grammes) acquis par la médiathèque (Consultation sur place uniquement).

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    Halte 5 # Romain Buffat et l’institut littéraire suisse

    La cinquième halte nous conduit sur le stand de l’école d’art de Berne et de son antenne biennoise, l’institut littéraire suisse. Romain Buffat qui a été étudiant dans cet institut nous en présente ses spécificités. Il est aujourd’hui employé par l’institut et s’est occupé de l’organisation du stand durant la foire. Il est également membre de Heterotrophe, un collectif de 6 auteur-e-s souhaitant explorer des genres littéraires expérimentaux et d’approfondir la littérature de manière collective.

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    Au café Farel, nous assistons à la fin d’une lecture de Thomas Flahaut, un jeune auteur né à Montbéliard,  qui a publié cette année Ostwald.

    Écoutez :0

     

    Halte 6 # Jean Richard et les éditions d’en bas

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    Cet entretien enregistré derrière un rideau de la salle où se tient la foire à la tonalité sonore forcément différente nous donne un vif aperçu des activités de cette maison d’édition qui a fêté ses 40 ans d’activité il y a peu. Œuvrant aux côtés de Pascal Cottin et Antonin Gagné, Jean Richard répond à nos questions. Comme avec les autres personnes rencontrées, c’est un rapide survol qui s’effectue dans un catalogue dense et toujours en éveil. Avec lui, nous évoquons l’Almanach des révolutions, l’ouvrage testamentaire de Philippe Rahmy et le récit de Yudit Kiss, une économiste hongroise vivant en Suisse qui a recueilli des paroles de femmes migrantes.

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    Halte 7 # Stéphane Fretz et les éditions Art & Fiction

    Avant dernière halte sur le stand des éditions lausannoises Art & Fiction pour un échange à bâtons rompus et une découverte de trois des titres de leur catalogue : un ouvrage de Fabienne Radi (Oh là mon dieu), d’Alexandre Friedrich (Triptyque de la peur) et Flynn Maria Bergmann (Fiasco FM). Nous avions déjà eu l’occasion d’entrevoir quelques des éditions d’art&Fiction en octobre 2016, à Lausanne lors de Tirage limité, La bibliothèque en vadrouille était présente et avait produit un billet-compte-rendu que voici : La BEV n° 85.

    Première partie de l’entretien :

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    Stéphane évoque en quelques mots la future revue Black Out qui s’intéressera à la question de la publication comme pratique artistique à travers deux premiers numéros attendus en 2018 (L’écriture mécanique et le magnétophone). Un projet réalisé en étroite collaboration avec l’École cantonale d’art du Valais (ECAV).

    Seconde partie de l’entretien :

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    Halte 8 # Yves Hänggi, Édouard Choffat et la Société Jurassienne d’émulation (Porrentruy)

    Ultime halte de la journée sur le stand de la Société jurassienne d’émulation qui invitait Yves Hänggi et Édouard Choffat à dédicacer Le caméléon, un livre réalisé ensemble.

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    Nous connaissons bien Yves, dans ses désormais anciennes fonctions d’organisateur du Mois du doc et de Contes et cie, festivals transfrontaliers et automnaux co-organisés dans le canton du Jura et le Territoire de Belfort et engagé dès à présent dans une activité d’illustrateur qu’il souhaite plus visible, c’est donc une forme de dédicace sonore qu’il nous adresse en compagnie d’Édouard Choffat, un jeune auteur né au début des années 80 à Porrentruy.

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    Autres découvertes sans entretiens audio, aperçus du coq à l’âne

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    Légendes : de haut en bas :  le fondateur des éditions BIM et deux de ses éditions, le compte Instagram de Mr le vert et l’article de presse du Matin consacré à l’ouvrage somme cité dans le billet, lecture de Stéphane Montavon (artiste de la collection d’œuvres d’art numérique de l’EMG et une photographie du stand de la revue Das narrrativistische Literaturmagazin (Olten).

     

    Textes, photographies et entretiens : Fabien Vélasquez

    Remerciements : toutes les personnes rencontrées et particulièrement Catherine Kohler qui nous a fait découvrir cette foire, ainsi que la revue citoyenne Vision 2035, offerte à tout visiteur à l’entrée du Salon.

  • La bibliothèque en vadrouille n° 118

    Lieu : La Générale, Paris, 19ème arrondissement
    Date : 26 novembre 2017
    Heure : entre midi et 13h30

    Cellule(s) dormante(s) / Rêverie(s) oeuvrante(s) ?

     

    La bibliothèque en vadrouille a tenu à faire un bref saut dans l’édition pilote du Festival des Non Aligné-e-s (FNA) qui se tenait les 25 et 26 novembre dernier.

    Un son d’ambiance et deux entretiens captés à l’heure du déjeuner dans un espace calme, où travaux et productions étaient exposés (cf. plan reproduit).

    Sous-titré Cellule(s) dormante(s), ce festival lève un coin du voile sur une partie immergée ou sous-exposée des pratiques symboliques contemporaines, pour autant qu’en effet, « seul peut se dire contemporain celui qui ne se laisse pas aveugler par les lumières du siècle et parvient à saisir en elles la part de l’ombre, leur sombre intimité et reçoit en plein visage le faisceau de ténèbres qui provient de son temps ». Ergo, poursuit Giorgio Agamben, la « voie d’accès au présent a nécessairement la forme d’une archéologie » qui, détourne intempestivement « la lumière, hors de sa fonction d’illumination du présent, vers l’assignation de l’infini, de l’invisible, de l’inatteignable », comme Jean-Luc Marion en convient lui aussi.

    Son capté durant la déambulation :

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    Légende : Documents lettristes proposés par la revue Toth

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    La scénographie installée dans un entrepôt de l’ancienne manufacture de chaussures s’organisait autour d’un camion-salle de projection (Film de Straub Huillet). Plusieurs box présentaient  divers artistes ou collectifs, parmi lesquels Lefevre, Jean-Claude, Richard Martel, Alain Deneaultantoine lefebvre editions, Olivier Nourisson (et sa revue Architecture & Poésie) ou Jérôme Fino et Antoine Rivière.

     

     

    Premier entretien avec Laurent Marissal, l’un des deux coorganisateurs (avec Jean-Charles Agboton-Jumeau) :

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    Second entretien avec Myriam Suchet, responsable du centre d’études québécoises et initiatrice du tarot hétérolingue indiscipliné :

    Légende : à droite, les cartes tirées lors de l’activation du jeu-tarot et ayant déclenché la conversation à découvrir dans le player audio.

     

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    Légende : Lefevre, Jean-Claude et Michel Giroud (L’écart absolu)

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    Texte, entretiens et photographies : Fabien Vélasquez

    Remerciements : FNA et aux participants croisés à la Générale

  • La bibliothèque en vadrouille n° 117

     

    Date : 26/11/217
    Lieu : Palais de Tokyo, Paris
    Heures : de 14h30 à 19h

    La bibliothèque en vadrouille a pu assister à l’après-midi de clôture du Forum DCA dédié aux 25 ans des Centres d’art au Palais de Tokyo.

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    En attendant la réécoute audio des diverses interventions proposées depuis le vendredi sur le site de DCA, voici quelques instantanés photographiques de lecteurs qui ont pu feuilleter les nombreuses publications exposées à plat, dans une vaste bibliothèque éphémère composée d’éditions reçues des centres d’arts membres de l’association.

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    On regretta cependant qu’aucune liste récapitulative n’ait été établie. Cette collection saisie le 26 novembre entre 14h30 et 19h nous a immédiatement évoqué le très bel ouvrage paru en 2011 aux éditions Lieux Dits, intitulé : «  Le livre des lecteurs » de Georges S. Zimbel.

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    Nous  avons découvert dans cette fugitive bibliothèque, deux éditions de Joël Hubaut (un artiste de la collection d’œuvres d’art numérique).

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    Légende : Esther Ferrer feuilletant quelques ouvrages…

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    A noter que l’après-midi, se sont tenues deux communications particulièrement intéressantes : une discussion entre Pierre Joseph et Nicolas Bourriaud et une conférence d’Yves Citton : « Arts de l’attention*, arts de la surprise ».

    *: Disponible à la médiathèque de l’Espace multimédia gantner.

     

    Légende  : Notations, prises de notes dans le public.

    Photographies, texte : Fabien Vélasquez

    Remerciements : DCA .

     

     

     

     

     

     

     

     

  • La bibliothèque en vadrouille n°116

    Date : 15 octobre 2017
    Lieu : Altkirch, CRAC Alsace
    Heure : entre 11:00 et 14:00

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    On Glaciers and Avalanches

    La bibliothèque en vadrouille a souhaité rencontrer plusieurs personnes présentes au vernissage de l’exposition pour sonder le terrain exploré par Irene Kopelman dans ses œuvres qui mêlent plusieurs matériaux : dessins, sculpture, livres anciens, cartes, …

    L’articulation art/artisanat/science/nature n’a peut-être jamais aussi visible que dans cette exposition dans la mesure où On Glaciers and Avalanches « réunit des travaux issus d’expéditions menées sur les glaciers entre 2012 et 2014, ainsi que des dessins réalisés, avec la collaboration de l’Institut Kunst de Bâle. Plusieurs séries de dessins, d’aquarelles et de peintures se déploient sur les murs du CRAC Alsace, complétées par une nouvelle série de sculptures en porcelaine disposées au sol à divers endroits du centre d’art, ainsi que différents objets et documents provenant directement des expéditions scientifiques. » Il nous a donc paru logique au cours de cette déambulation de rencontrer tour à tour, Juan Canela (Curator, Barcelone), Irene Kopelman (artiste invitée), Samuel Nussbaumer (World Glacier Monitoring Service, Zurich) et par téléphone (le 18/11), Pieter Kemink (Le Maupas Bourgogne/Amsterdam, céramiste et ancien professeur à la Rijksakademie d’Amsterdam).

     

    Légende : Mot de bienvenue durant le vernissage et le portrait d’Irene sur le livre d’or

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    Entretiens en quatre étapes :

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    # 1 . Juan, le commissaire (Entretien en espagnol) et le Bar Projet

    Avec Juan Canela, nous discutons en espagnol sur ses activités de commissaire d’exposition et découvrons la plate-forme BAR PROJECT, fondée en 2013 avec deux autres curatrices Andrea Rodriguez Novoa et Veronica Valentini. Il nous donne quelques compléments au texte qu’il a signé dans l’édition du CRAC : «  Marcher avec des images ».

     

    # 2 . Irene, l’artiste, la retentissante sirène avertissant les visiteurs bâlois et son goût pour l’édition d’artiste (Entretien en espagnol)

    Légendes : de gauche à droite : a. Gorner Glacier from On Top, 2014 / crayon sur papier / 456,5 x 115 cm l’ensemble / 28 dessins – b. View from Grosser Aletschgletscher, 2013 / crayon de couleur sur papier / 74,5 x 98,5 cm encadrés  / 4 dessins Gorner Glacier from On Top, Figure 18, 2017 / porcelaine / 208 x 9 x 1 cm / Production CRAC Alsace. / Gorner Glacier from On Top, Figure 20, 2017 / porcelaine / 74 x 56 x 1 cm / Production CRAC Alsace. c. Tree Lines, 2015 / acrylique sur toile / 190 x 250 cm chaque / 4 peintures.

     

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    Nous rencontrons ensuite Irene, l’entretien à peine entamé que retentit un puissant message sonore d’alerte et de rappel pour les visiteurs venus de Bâle, les invitant à rejoindre leur bus… une involontaire irruption qui fait sourire Irene… et nous précise qu’elle aime travailler dehors dans des conditions qui influent sur le dessin. En 2005, elle débute Notes On Representations, une série de publications qui compte aujourd’hui 8 volumes.

     

    # 3 . Samuel, la nature, le glaciologue et la bibliothèque…

    Légende :

    Irene Kopelman
    View from Grosser Alteschgletscher in Four Parts, 2017
    Craie, mur peint
    685 x 316 cm
    Production CRAC Alsace.
    Courtesy de l’artiste.

    Henri Hogard
    Recherches sur les glaciers et sur les formations erratiques des Alpes de la Suisse, 1858
    éd. Gley, Épinal
    Collection Bibliothèque des Dominicains, Colmar.

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    Il s’intéresse à l’observation des fluctuations des glaciers du passé. Avec Samuel, nous commentons certains documents prêtés par l’institut de glaciologie dans lequel il travaille à Zurich, comme une magnifique carte de Viollet-Le-Duc, dont on a un peu oublié sa relation à la montagne – Ou encore l’ouvrage-somme (182 p.) paru en 2012, dont il a assuré la coordination : Mer de Glace : art & science, avec une préface d’Emmanuel Le Roy Ladurie.

     

    # 4 . Pieter, céramiste et co-fondateur du Maupas A.R (en Bourogne)

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    Ultime entretien par téléphone avec Pieter Kemink que nous avions « manqué » durant le vernissage. Pieter a pris un moment pour répondre à nos questions, c’est donc via un cordial entretien téléphonique que nous l’avons joint – Bourogne->Amsterdam, il nous a présenté ce lieu installé dans un hameau, en Bourgogne, tout près du Morvan, à 15 kilomètres Saulieu, un espace de résidence pour les céramistes et designers dans lequel Irene a travaillé.

    Légendes : Amsterdam, De Batavier (S. Medic) et Bois-le-Duc : Porcelain roof of foliage (Rein Jelle Terpstra)

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    Légendes : The Marque, Cambridge : Living Room Screens (Jennifer Tee) et Paysage de lava (Irene Kopelman)

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    Il nous cite en fin d’entretien, plusieurs artistes qui ont déjà expérimenté cet espace de résidence (ouvert depuis trois années) :

    • Maura Biava (Italy)
    • Christine Moldrickx (Allemagne)
    • Feiko Beckers (Pays Bas)
    • Ana Oosting (Pays Bas) présente lors du vernissage.
    • Dok van Winsen (Pays Bas/France)
    • Irene Kopelman (Argentine/Pays Bas)

    Texte, entretiens : Fabien Vélasquez

    Photographies : Crac Alsace et Fabien Vélasquez

    Remerciements : Irène, Juan, Samuel,  Pieter et l’équipe du Crac Alsace.